De Vottem à Steenokkerzeel, le déplacement "suspect" d'un Soudanais, dicté par Theo Francken?

De Vottem à Steenokkerzeel, un déménagement illégal ?
De Vottem à Steenokkerzeel, un déménagement illégal ? - © Tous droits réservés

Dimanche dernier, à l'occasion d'une manifestation d'opposants au centre pour illégaux de Vottem, des visiteurs ont pu apprendre que des migrants soudanais avaient "disparu". Une vingtaine de personnes, environ.

Ce sont ces gens qui, en octobre, ont obtenu du président du tribunal de première instance de Liège une ordonnance qui interdit leur rapatriement, à la colère du secrétaire d'Etat à l'Asile Theo Francken (N-VA). Pas facile de retrouver leur trace.

Plusieurs ont été renvoyés aux autorités italiennes, françaises, et peut-être allemandes, c'est-à-dire à leur point d'entrée dans l'Union européenne. C'est prévu par les accords internationaux. Mais ils ne sont sans doute qu'une moitié, concernée par cette procédure. Et les autres ?

De Vottem à Steenokkerzeel, cherche Soudanais, désespérément

L'un d'eux a été simplement déménagé vers Steenokkerzeel. C'est du moins ce que vient d'apprendre son conseil, Me Thomas Bartos : "Je viens d'appeler le centre fermé de Vottem, et il m'a été dit que mon client a été déplacé le 22 décembre en soirée vers Steenokkerzeel, et ce transfert me paraît hautement suspect. La raison qui m'a été donnée, c'est que cette mesure inhabituelle a été dictée par le cabinet de Theo Francken, vraisemblablement pour éviter à l'avenir que la justice liégeoise reste compétente, et rende encore des décisions favorables aux Soudanais".

L'individu concerné est sud-soudanais selon ses déclarations, et, pour une raison que son avocat ne s'explique pas, l'Office des étrangers l'a enregistré comme Soudanais, sans plus de précisions de nationalité, ce qui le rend plus "expulsable".

Ce cas confirme les craintes exprimées depuis le début de cette semaine par les défenseurs des droits de l'Homme, qui considèrent que de tels changements d'hébergement ne respectent pas la loi.

Un arrêté royal très clair

Cette matière est en effet réglée par un arrêté royal qui date d'une quinzaine d'années, et dont l'article 105 précise que "lorsqu'un occupant met en danger par son comportement sa sécurité, celle des autres occupants, des membres du personnel ou le bon fonctionnement du centre, ou après une tentative d'éloignement ou pour garder une répartition équilibrée des occupants dans les différents centres, le directeur ou son remplaçant peut décider du transfert vers un autre établissement". Aucune de ces conditions limitatives ne semble en l’occurrence avoir été remplie.

Le directeur de l'office des étrangers a réagi, ce jeudi matin, à ces informations. Selon son communiqué de presse, seules des considérations d'ordre purement pratique sont intervenues: comme les expulsions de soudanais sont actuellement suspendues dans l'attente des résultats d'une enquête sur d'éventuelles tortures, ces hommes vont rester plusieurs jours sur le territoire belge, et il s'est agi d'éviter la concentration d'un grand groupe en un seul endroit, afin de veiller au calme. Le directeur note néanmoins qu'il ne s'est pas produit d'incident à Vottem, et qu'il s'est agi "d'une dispersion préventive"....

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK