De moins en moins d'entrepreneurs de pompes funèbres indépendants

La tendance est au regroupement dans le secteur des pompes funèbres.
La tendance est au regroupement dans le secteur des pompes funèbres. - © Tous droits réservés

Avec l'approche de la Toussaint, la mort est peut-être un peu plus présente dans les esprits. L'occasion de se pencher sur le secteur des entreprises de pompes funèbres. Autrefois, plusieurs croquemorts officiaient dans les différents villages. Aujourd'hui, une seule entreprise s'occupe souvent de tous les enterrements dans une ou plusieurs communes tandis que dans les grandes villes, on assiste depuis quelques temps à un vaste regroupement des entreprises de pompes funèbres.

De 120 entreprises de pompes funèbres en province de Liège il y a dix ans, il n'en reste plus aujourd'hui qu'un peu plus de quatre-vingts. Certaines ont disparues faute de repreneur, d'autres ont été rachetées par un groupe fortement lié au secteur des assurances. " Des grands groupes financiers se sont intéressés à la profession et ont commencé à acheter des petites entreprises familiales. C’est une chose qui continuera encore à l’avenir parce qu’une entreprise familiale ne peut pas toujours faire face à tout. Est-ce que les jeunes sauront reprendre ? C’est une certaine somme à mettre sur la table et ils ne sauront peut-être pas alors que ces entreprises liées aux assurances ont des moyens financiers énormes derrière elles ", explique Lucien Scholl, président de l'Union professionnelle des entreprises de pompes funèbres de la province de Liège.

Mais si on regarde jusqu'à 25 ans en arrière, l'évolution de ce secteur a été bien plus importante encore, comme le précise Michel Vilvorder, entrepreneur de pompes funèbres à Theux : " Il y a plus ou moins 25 ans, une grande évolution a été les funérariums. Avant, il y avait des pompes funèbres d’hôpitaux, qui tournaient autour des hôpitaux. Maintenant, on identifie une entreprise de pompes funèbres à un funérarium. Une autre évolution a eu lieu il y a dix ans avec la crémation. La crémation qui était autour de 10 pc est passée à 30 pc. Nous, dans nos zones rurales, c’était toujours un peu en recul. Ca l’est encore mais on tend à arriver maintenant vers 40-50 pc. Dans les villes et en Flandre, c’est plus élevé que chez nous "

Regroupement d’entreprises

" Une autre grande évolution qu’on voit depuis peu de temps, c’est le regroupement d’entreprises. D’abord ce sont des entrepreneurs qui ont pris des risques et ont racheté leurs collègues, qui ont ouvert de nouveaux funérariums. Et là, maintenant, on en arrive à des entreprises qui font plus de 1 000 décès par an. Mais un grand regroupement, c’est Dela, qui au niveau de Liège, des Ardennes, Namur, Huy, a la majorité du marché. Ici, du côté de Verviers, il n’y en a pas encore. Dela n’a pas encore repris d’entreprises, mais ça pourrait arriver ", précise-t-il.

Dela est effectivement le principal opérateur de pompes funèbres en Belgique. Cette entreprise possède plus de 120 funérariums et quatre crématoriums dans le pays.

Rentabilité

Dans les communes de plus petite taille, les croquemorts se sont faits plus rares. Une question de rentabilité pour Michel Vilvorder : " Il n’y a parfois pas de place pour deux petits pompes funèbres. Une entreprise qui fait 50-60 décès par an n’est plus rentable. Il faut avoir un seuil de plus de 100-120 décès par an pour déjà avoir un seuil de rentabilité. En dessous ce n’est pas rentable du tout parce qu’il faut assurer une garde sept jours sur sept, 24h sur 24, et là, pour un ou deux décès la semaine, c’est compliqué d’avoir une rentabilité ".

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