Crise verviétoise : André Frédéric pas certain d'arriver à une solution avant la rentrée

Le député socialiste theutois André Frédéric préside la tutelle du Parti Socialiste sur la fédération et l'Union socialiste communale verviétoises. C'est lui qui mène les négociations à la fois à l'intérieur du PS verviétois et avec les autres partis pour former une nouvelle coalition et pousser Muriel Targnion vers la sortie. Sa tâche à Verviers explique-t-il, n'est pas tous les jours facile.

Aujourd'hui il y a une crise majeure qui est déplorable et dommageable. Il faut qu'on puisse reconstruire. Est-ce que c'est bien le moment, pendant la crise sanitaire, de créer une situtation comme celle-là, qui complique la gestion d'une ville ?

Vous parlez d'une crise et vous en parlez au présent. Ca veut dire qu'elle n'est pas résolue.

Ah ça, non. On a rencontré l'ensemble des acteurs, conseillers communaux, conseillers CPAS, pendant des dizaines d'heures, mais on ne sait pas pacifier les situations quand les acteurs jettent eux-mêmes de l'huile sur le feu. Pour moi, plus vite il y a une solution, mieux c'est. 

J'en appelle à la responsabilité de tous dans chaque parti verviétois pour arriver à construire une solution par laquelle il y a au moins 19 élus qui prennent leurs responsabilités au conseil communal. Je cherche le consensus. Et Jean-François Istasse [le candidat-bourgmestre pressenti par le PS] est homme capable de ramener la sérénité. 

Est-ce qu'Hasan Aydin vous a dit qu'il acceptait la solution, qu'il acceptait de renoncer au poste de bourgmestre, donc de démissionner du conseil communal, en faveur de Jean-François Istasse ?

Nous étions dix élus socialistes à la réunion de vendredi et il a levé la main avec les autres.

Pourquoi ne le dit-il pas lui-même ? On lui a interdit de s'exprimer ?

Oh non.

S'il en a envie, il peut parler publiquement et dire ce qu'il pense de la formule ?

On est dans un parti démocratique où la parole est libre. Monsieur Aydin, s'il veut s'exprimer, il s'exprime. On ne dit à personne qu'il ne peut pas s'exprimer. 

Quand espérez-vous pouvoir présenter une nouvelle majorité ?

Le plus vite possible. Je ne sais pas si on va y arriver cette semaine. Il me semble que pour la rentrée on devrait avoir atterri depuis un moment.

"Il me semble" dites-vous. Vous n'en êtes donc pas certain.

Non, je n'ai absolument aucune certitude. Il y a des contacts entre les différentes familles politiques. Je n'ai aucune exclusive. Le travail au Parlement wallon avec Ecolo et le MR est assez efficace. Je ne suis pas au stade de dire que je veux aller avec l'un ou avec l'autre.

Mais vous me donnez l'exemple de la coalition du gouvernement wallon. Devons-nous en tirer une conclusion sur ce que vous imaginez pour Verviers ?

La conclusion serait hâtive. Ceci est seulement un exemple.

Comment réagissez-vous à la démission de Didier Nyssen du conseil communal ?

J'en ai pris acte. C'est dommage. C'est un conseiller expérimenté. Je lui ai dit que ce n'était pas le bon moment. Quand il a été question de se mettre d'accord sur une alliance ecolo-PS, j'ai appelé chaque conseiller et Didier Nyssen a marqué son accord. Moi, je ne peux pas retenir les gens.

Marc Goblet n'est pas content non plus. 

La tutelle a fait appel à lui à titre d'expert. Il a suivi nos travaux. Il y a eu une divergence entre nous. Marc estimait encore possible de réunir les treize mandataires socialistes verviétois. Ce point de vue n'était pas partagé par les autres. Il aurait voulu qu'on consulte les affiliés. Dans les circonstances actuelles, ça semblait difficile.

Et Yvan Ylieff estime que le PS "humile ses élus".

On est libre d'expression dans ce parti. Je ne vais pas apporter de critique au propos. Je ne partage pas l'opinion d'Yvan Ylieff et j'en suis d'autant plus attristé que je le considère comme mon père en politique.

Verviers: la bourgmestre Muriel Targnion exclue du PS, sujet du JT du 30 juillet :

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