Crise à Verviers : renoncer au mayorat et présider le CPAS ? Il existe un précédent

Le PS demande à Hasan Aydin de renoncer au mayorat
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Le PS demande à Hasan Aydin de renoncer au mayorat - © Tous droits réservés

C'est  ce que le PS propose à Hasan Aydin. En 2018 à Oreye, Bernard de Sart a obtenu le meilleur score du MR. Il ne souhaitait pas exercer la fonction de bourgmestre. Il y a renoncé. Il préside aujourd'hui le CPAS de sa commune. Voilà pour le précédent.

Si le Parti Socialiste verviétois arrive à construire un nouvel accord de majorité (sans Muriel Targnion), c'est Hasan Aydin qui est le candidat-bourgmestre naturel : c'est lui qui a le plus de voix sur la liste socialiste juste après la bourgmestre maintenant exclue du parti.

Renoncer encore une fois

Mais le PS demande à Hasan Aydin de renoncer (une nouvelle fois) au poste de mayeur. Pourquoi ? Parce que "la personne qui va devoir exercer le leadership des socialistes doit être quelqu’un qui rassemble le plus possible autour de lui." nous a expliqué l'ancien mayeur Claude Desama qui "ne pense pas que ce sera Hasan Aydin. Il ne me paraît pas le mieux placé, nonobstant son score électoral." En d'autres termes : Une série de mandataires socialistes s'étaient ligués contre Aydin. Le PS a réussi à les faire rentrer au bercail. Mais les obliger à travailler avec lui comme bourgmestre serait pousser le bouchon un peu loin. Le PS veut un autre chef de file, quelqu'un de plus rassembleur: Jean-François Istasse, ex-partisan de Muriel Targnion ou éventuellement Malik Ben Achour.

Le PS demande donc à Hasan Aydin de faire un pas de côté et lui garantit de pouvoir continuer à présider le CPAS. L'intéressé n'est pas enthousiaste. Il a déjà renoncé en 2012 (dans un accord avorté avec le MR) puis en 2015 en faveur de Muriel Targnion. Et l'attitude de la bourgmestre de Verviers lui donne l'impression de s'être fait berner. Le 23 juillet dernier, Hasan Aydin a répondu "non" à son parti... qui fait mine de toujours attendre un "oui". 

Siéger quand même au collège

Selon l'ancien mayeur Claude Desama, Hasan Aydin "pourrait en tout cas renoncer au poste de bourgmestre, être redésigné membre du conseil de l’action sociale et redevenir président du CPAS. Il ne pourrait plus être échevin, mais il pourrait siéger au collège comme observateur".

Le raisonnement semble en contradiction avec le code de la démocratie locale : "[...]le conseiller [...] qui figurait lors des élections à l’une des trois premières places de la liste des candidats [...] et qui renonce à exercer la fonction de bourgmestre [...] ne peut pas être membre du collège communal (article L1123-4). Or, le président du CPAS "siège avec voix délibérative au sein du collège" (Art. L1123-8).

Selon ces textes, si Hasan Aydin renonce au poste de bourgmestre comme le lui demande le parti socialiste, il ne peut plus non plus présider le CPAS. Il se retrouverait donc tout nu après une crise qu'il estime ne pas avoir provoquée. Hasan Aydin pourrait même avoir l'impression que le PS lui propose une "fausse solution" pour qu'il se mette de lui-même à l'écart.

Le précédent d'Oreye

Mais il existe bien un précédent en Hesbaye. A Oreye aux élections de 2018, c'est Bernard de Sart qui a obtenu le meilleur score sur la liste MR. Bernard de Sart ne souhaitait pas devenir bourgmestre. Il a renoncé au poste. Il est pourtant bien aujourd'hui président du CPAS de sa commune. C'est ce modèle que le PS propose à Hasan Aydin de suivre.

Bernard de Sart nous explique que le président du CPAS n'est pas forcément un élu. C'est là qu'est la faille. Pour arriver au résultat voulu, il a donc démissionné de tous ses mandats, avant de se faire désigner à la présidence du CPAS. Et comme président du CPAS, il participe au collège, puisque la loi prévoit que le président du CPAS y siège. La tutelle commente-t-il, a mis trois semaines avant de valider le mécanisme.

Démissionner de tous ses mandats 

Si c'est ce modèle que le Parti Socialiste propose à Hasan Aydin, il y a donc un précédent. Mais un précédent qui implique pour lui de démissionner de tous ses mandats. L'homme "assez droit, un peu raide même, pas toujours facile à manier" que décrit Claude Desama est-il prêt à accepter cette solution ? Ou l'estimera-t-il humiliante ? S'il la refuse, le PS verviétois pourrait bien se voir éclater non plus en deux, mais en trois camps ! 

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