Coronavirus : Willy Demeyer sur le point de créer un hôpital de campagne à Liège

La province de Liège est l’épicentre de l’épidémie de coronavirus. C’est une réalité. Elle se traduit par la saturation des hôpitaux qui voient affluer les patients Covid et qui tentent de s’organiser.

Hôpitaux saturés : déjà 5 patients transférés hors Province de Liège

Mais mercredi, la situation était telle que les hôpitaux liégeois ont dû faire appel à la solidarité interrégionale. Il n’y avait plus de lit disponible en soins intensifs et 5 patients du CHU, du CHR, de Verviers et de la clinique André Renard ont dû être transférés vers des hôpitaux hors province de Liège. Antoine Gruselin, porte-parole du CHR de Liège : "Plusieurs patients ont été transférés vers Tongres et vers Tirlemont. Effectivement, la situation devient vraiment très très compliquée. On vient d’élargir les urgences, on a ajouté des lits. Nous avons la capacité par exemple de transformer un bloc opératoire en huit lits de soins intensifs, une manœuvre qu’on peut faire en 72 heures. Nous ne le faisons pas encore. Pour le moment, nous avons 21 lits aux soins intensifs réservés au Covid, mais hier, ces 21 lits étaient complets".

Cumul de "solutions B"

Au CHC, on a aussi transformé une salle de réveil en salle de soins intensifs. Mais bientôt, ces mesures ne suffiront plus, selon les responsables du CHC. "On va devoir vivre avec cette vague-là encore pendant de nombreuses semaines et on pourrait avoir un pic deux ou trois fois plus important que celui du mois de mars", estime Philippe Olivier, directeur médical du CHC. "Toutes les solutions B vont devoir être cumulées pour éponger une partie de la deuxième vague".

Parmi ces solutions B, il y a donc la création d’un hôpital de campagne, une structure provisoire de crise. Rien n’est encore arrêté concernant la taille de cette structure et plusieurs scénarios sont envisagés quant à son utilisation. "On peut imagine un poste médical avancé qui dispatcherait les patients dans les hôpitaux pour éviter que des ambulances ne fassent le tour des hôpitaux et soient refoulées par manque de place", détaille Philippe Olivier. Autre option envisagée : la création d’un espace de convalescence pour les patients "post-covid". "Aujourd’hui les lits hospitaliers sont aussi occupés par des patients qui ont encore besoin d’une surveillance minimale qui pourrait être faite ailleurs qu’à l’hôpital. Cela permettrait d’accélérer le turnover et de réduire la durée moyenne de séjour dans les hôpitaux aigus."

Nous avons le pouvoir de réquisitionner tout ce qu’on veut. Et je suis prêt à le faire

Quid des bâtiments ? Chapiteaux, tentes gonflables ou réquisition de bâtiments en dur ? La non plus, rien n’est arrêté. Mais Willy Demeyer, le bourgmestre de Liège, penche pour la réquisition de bâtiments. Mercredi, sur le plateau d’À votre Avis, Willy Demeyer a relayé la demande des hôpitaux liégeois pour un hôpital de campagne avec, pourquoi pas, l’aide de l’armée : "L’armée nous a indiqué qu’une partie de son personnel était engagée sur le théâtre d’opérations, mais qu’elle ferait tout ce qu’elle peut. Nous avons le pouvoir de réquisitionner des éléments matériels, des tentes, tout ce qu’on veut. Je peux en user. Et je suis prêt à le faire".

La piste privilégiée pour installer cet hôpital de campagne est l’ancienne clinique Saint-Joseph, qui avait déjà été mise sur la table lors de la première vague. Problèmes : cette ancienne clinique, fermée depuis quelques mois, n’est aujourd’hui plus fonctionnelle et une partie du bâtiment est en cours de transformation pour accueillir des demandeurs d'asile.

Vendredi, un nouveau conseil de sécurité devrait prendre de nouvelles mesures pour tenter d’aplatir cette fameuse courbe des infections.

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