Coronavirus: une députée fédérale empêchée de visiter le centre fermé de Vottem

Au centre fermé de Vottem, plus personne ne peut aller vérifier le respect des normes sanitaires
Au centre fermé de Vottem, plus personne ne peut aller vérifier le respect des normes sanitaires - © Tous droits réservés

En principe, un parlementaire a le droit de visiter les prisons et les centres d’enfermement du royaume. Il suffit de s’annoncer et de prouver sa qualité d’élu du peuple. C’est une mission essentielle de surveillance de l’univers carcéral, par définition, clos. En ces temps d’épidémie, des informations alarmistes fuitent du centre fermé de Vottem. Elles concernent à la fois d’immenses lacunes dans le confinement des résidents, et d’énormes manquements dans la protection du personnel.

L’écologiste Sarah Schlitz a voulu aller vérifier. Elle a prévenu de son arrivée, elle s’est munie d’un équipement personnel, de gants, de masques et de gel hydroalcoolique, mais elle n’a pas pu entrer, apparemment sur ordre de l’Office des Etrangers. Une restriction à cause de la crise sanitaire. Mais pour l’intéressée, c’est une violation flagrante d’un arrêté royal, qui prévoit que les sénateurs et députés ont "toujours accès", sans la moindre exception. Elle a dû se contenter d’un entretien avec des employés, dans les bureaux. Et les informations très partielles qu’elle a pu récolter ne rassurent guère quant à l’application des mesures d’hygiène.

Au-delà de la situation concrète des quarante-huit personnes actuellement incarcérées, cette affaire illustre peut-être surtout un début de dérive vers un état d’urgence, puisqu’il n’existe plus de contrôle démocratique sur les conditions de détention de cette population vulnérable.

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