Coronavirus : ralentissement du cargo chinois à Liège Airport mais pas d'inquiétude des responsables

Tous ces produits viennent de Chine et malgré le coronavirus les entrepôts affichent complets
Tous ces produits viennent de Chine et malgré le coronavirus les entrepôts affichent complets - © RTBF - Olivier Thunus

L’aéroport de Liège a vu ces dernières semaines un ralentissement de ses activités cargo liées à la Chine. Mais faut-il y voir un lien avec le coronavirus ? Pas nécessairement. La réponse est en effet plus complexe qu’il n’y paraît.

Mesurer l’effet du coronavirus sur les colis qui arrivent de Chine est plus difficile qu’il n’y paraît car l’économie chinoise a ceci de particulier qu’elle est cyclique. De septembre à décembre, l’activité cargo, l’envoi de colis, connaît un pic important. Mais chaque année, à partir de fin janvier, à l’occasion du nouvel an chinois, il y a un sérieux ralentissement durant quelques semaines. C’est le cas actuellement, mais des signes de reprise sont déjà observés par Patrick Hollenfeltz, l’administrateur délégué d’ECDC, société basée à Bierset qui traite les colis arrivant de Chine par avion, bateau et train.

Dire que le coronavirus est seul responsable de ce ralentissement est prématuré à l’heure actuelle. On prévoit déjà une reprise en Chine du côté des manufacturiers et des logisticiens chinois. Des envois sont déjà prévus endéans les trois semaines au niveau du train. Les conteneurs maritimes sont déjà en train d’être chargés à l’heure actuelle et pour l’avion, le flux n’a jamais réellement été stoppé, même si les quantités sont un peu moindres pour l’instant. On considère qu’il y a une variation de 15 pc par rapport à l’année dernière. Néanmoins, dire que c’est le coronavirus, il faudrait notamment analyser ça de manière statistique parce que nous avons eu beaucoup plus de stock que l’année d’avant ", explique-t-il.

A l’aéroport de Liège, le coronavirus n’a pas amené la fin des liaisons aériennes cargo avec la Chine. Et donc son directeur Luc Partoune ne se montre pas inquiet. Peut-être même au contraire : " Nous avons encore des avions qui arrivent de Chine et nous en avons encore qui vont en Chine, donc il y a encore des volumes qui transitent dans les deux sens. Ça s’est réduit à l’occasion du nouvel an chinois mais ce sont deux phénomènes qui se sont rencontrés. D’une certaine manière, ça ne nous inquiète pas. Nous, ce qu’on constate, c’est que les vols passagers ne vont pas reprendre avant un certain temps. Dans ces vols passagers on mettait du cargo. Or l’économie va reprendre d’une certaine manière à un moment donné et cette économie aura besoin de marchandises donc on s’attend davantage à une croissance plus forte du trafic cargo chez nous car nous avons ici des vols tout cargo ", précise-t-il.

Si le ralentissement devait se poursuivre, on pourrait en revanche alors parler d’un effet coronavirus.