Coronavirus : les mesures pour éviter la propagation dans les hôpitaux

Les suspicions de cas de coronavirus se multiplient. Les hôpitaux belges définissent de nouvelles consignes pour éviter la propagation du virus, protéger les patients et le personnel hospitalier. A l’hôpital du bois de l’abbaye à Seraing (CHBA), un nouveau protocole est en vigueur depuis quelques jours.

Une zone dédiée au coronavirus au sein des urgences

Trois services sont concernés au premier chef par ces nouvelles règles : les urgences, le SMUR et la réanimation. Il s’agit non seulement de prendre en charge les patients qui pensent être contaminés par le coronavirus, mais aussi ceux qui consultent pour une autre cause et ont transité par une zone à risque. " On demande immédiatement aux patients pourquoi ils consultent, s’ils ont fait de la température et s’ils toussent ", indique le Docteur Raoul Degives, le président du comité d’hygiène hospitalière, qui dirige aussi la nouvelle cellule Covid-19, à l’hôpital du bois de l’abbaye. " S’ils présentent ces symptômes on leur demande s’ils proviennent d’une zone à risque ou s’ils ont été en contact avec un patient qui est potentiellement porteur du Covid-19. Si oui, on leur met un masque et on les fait passer au niveau d’une zone dédiée dans les urgences ".

C’est dans cette pièce qu’un médecin vêtu d’un équipement spécial, va ensuite examiner le patient : " lunettes, masque, gants et blouse de protection intégrale ", précise le médecin. " On propose au patient la réalisation de deux prélèvements. Notre laboratoire les envoie à l’UZ Leuven qui réalise les analyses virologiques mais qui est submergé de demandes en ce moment. " Le patient reste alors en isolement, dans l’attente des résultats.

Pas de dépistage systématique

Le directeur médical insiste : les tests ne sont pas systématiques. " Si les personnes ont séjourné dans un endroit à risque mais qu’elles n’ont pas de symptômes, il ne faut pas pratiquer de dépistage en l’état actuel des choses. "

Ces mesures sont contraignantes pour le personnel soignant, notamment en situation d’urgence, mais selon le Dr Raoul Degives, le dispositif est justifié. Toutefois, il estime qu’" il ne faut pas non plus exagérer et que cela devienne une hantise majeure. On va continuer à soigner les gens qui viennent pour d’autres pathologies sans avoir en arrière-pensée qu’ils sont peut-être porteurs du COVID 19. "

Il ne faut pas paniquer. La grippe tue et tuera toujours plus que le Covid-19.

Le pneumologue, qui se dit assailli de questions par ses patients, tient aussi à relativiser la situation. " Il ne faut pas paniquer. Il faut bien se dire que vous avez peut-être dans votre entourage quelqu’un qui se porte très bien et qui a un Covid-19. C’est toute la difficulté. C’est un virus qui se propage facilement mais qui n’est pas extrêmement virulent et qui ne détermine pas une mortalité importante. La grippe tue et tuera toujours plus que le Covid-19. "

Ce qui inquiète plus le médecin, c’est la pénurie en équipement, notamment en masque de protection, qui se profile. " Il faut que les médecins généralistes soient équipés de façon correcte pour assumer pleinement et en sécurité leur rôle de première ligne. Si ce n’est pas le cas on risque d’avoir des patients qui viennent directement à l’hôpital parce que leur médecin généraliste n’est pas en mesure de les prendre en charge. Et s’ils viennent en nombre à l’hôpital, on risque effectivement d’être submergé de cas qui ne méritent pas une prise en charge hospitalière. "

Sujet du journal télévisé du 02/02/2020 - Coronavirus: les urgences inutilement débordées

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