Coronavirus : le CPAS de Herstal s'attend à une vague de demandes d'aide sociale

Coronavirus: le CPAS de Herstal s'attend à une vague de demandes d'aide sociale
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Coronavirus: le CPAS de Herstal s'attend à une vague de demandes d'aide sociale - © Tous droits réservés

Au CPAS de Herstal, le nombre de demandes de RIS (revenu d’intégration sociale) est resté constant par rapport à l’année dernière. Il a même légèrement baissé : "En mars-avril 2019, on comptait 95 demandes de minimex et seulement 91 pour la même période en 2020" explique Yves Jacobs, le directeur du CPAS. "Les demandes d’aides sociales liées à des factures de paiement d’énergie par exemple, ont même baissé de moitié."

Les gens ont peur du corona et préfèrent rester chez eux

Comment expliquer ces chiffres ? Pour le président du CPAS de Herstal, Stéphane Ochendzan, "les gens craignent la propagation du coronavirus et préfèrent rester chez eux. Nous restons ouverts même si nous privilégions le contact téléphonique, voire le mail. Très peu de personnes se déplacent mais on craint un peu la reprise parce que sans aucun doute, de nombreuses personnes viendront nous voir parce qu’elles souffrent de cette crise." Le directeur, Yves Jacobs, explique "qu’on pourrait s’attendre à voir arriver beaucoup plus de gens qui ont perdu leur emploi, des indépendants, des étudiants qui arrivaient à nouer les deux bouts grâce à des boulots dans l’horeca. Ce n’est pas le cas à l’heure actuelle."

Des locaux équipés de plexiglas pour rassurer

Pour rassurer les personnes en difficultés qui ont peur de se déplacer au CPAS, de nombreuses mesures de sécurité ont été prises : port du masque obligatoire, distanciation sociale, locaux d’entretien équipés de plexiglas…

 

Avec la situation, c’est encore plus compliqué de trouver un logement

Ce matin-là pourtant, ils sont déjà plusieurs à s’être déplacés dans les locaux du CPAS pour demander de l’aide. A 42 ans, Valérie cherche un logement. Elle est venue parce qu’elle n’est pas en mesure de payer sa garantie locative : "J’étais avec quelqu’un, mais je me suis séparée pendant la pandémie. Et ici, je me retrouve sans domicile, sans revenu, sans rien. SDF ! On est donc obligé de chercher, de trouver et puis d’introduire notre demande. Mais avec la situation, c’est encore plus compliqué. Il n’y a pas d’annonce, les gens ont peur de faire visiter".

On n’a pas de salaire depuis deux mois

 

Soumaya a 35 ans. Depuis le 31 mars, le mari de cette maman de trois enfants est à l’hôpital, malade du covid : "Je suis toute seule avec les enfants, c’est très difficile. Mon mari travaille au contrat à la journée, on n’a pas de salaire depuis deux mois maintenant. J’ai peur. Je ne sais pas ce qui va se passer. Je vais faire une demande pour une aide médicale urgente. Je ne sais plus payer mes factures. Le problème, c’est qu’il y a des frais de rappel qui augmentent, et le loyer aussi". Au CPAS, un plan de paiement va lui être proposé pour l’aider à échelonner ses factures.

A 44 ans, il se rend pour la première fois au CPAS

"Ici, c’est ma première demande" explique Nicolas, un ouvrier intermittent de 44 ans. "C’est lié au contexte du corona. Je suis en free-lance. Ici, avec le contexte actuel, mes contrats sont annulés. Je me retrouve sans revenu. Je suis donc venu voir éventuellement si je pouvais bénéficier du CPAS pour passer cette période. Je bosse soit pour des musées, soit je fais du mobilier pour des bars. En ce moment, ce sont toutes les choses qui sont fermées et qui vont rouvrir on ne sait pas quand. Je ne suis pas tout seul non plus, j’ai encore des amis, ce sont d’ailleurs eux qui m’ont conseillé de venir".