Corneilles, pies, cormorans, blaireaux et hérons dans le viseur des chasseurs

Corneilles, pies, cormorans, blaireaux et hérons dans le viseur des chasseurs
4 images
Corneilles, pies, cormorans, blaireaux et hérons dans le viseur des chasseurs - © RTBF

La corneille, la pie, le cormoran, le blaireau, le héron cendré et le castor pourraient être dans le viseur des chasseurs toute l'année, sauf en dehors des périodes de reproduction. Autant d'animaux qui font des dégâts et qui sont donc de moins en moins appréciés. La Région wallonne prépare un texte qui pourrait faciliter leur élimination.

Dégâts dans les champs

Les corneilles, par exemple, causent des dégâts dans les champs des agriculteurs. A Villers-le-Bouillet, Philippe Peigneux en sait quelque chose: "Les corneilles, c'est une catastrophe, surtout pour les derniers semis à cette date-ci car il n'y a plus grand-chose à manger. Soit elles se nourrissent d'un lapin qui a été accidenté par une voiture, ou bien un faisan qui a été oublié par les chasseurs et qui a été tué.  Mais quand elles s'attaquent à un semi pour picorer le germe du blé, c'est catastrophique. On voit vraiment des trous et quand elles viennent par centaines, c'est très dangereux. Ça nous occasionne quand-même des dégâts". 

La population de corneilles explose

Simon Lehane a plusieurs casquettes: agronome, chasseur, ornithologue à l'asbl "Faune et Biotopes".  Il a sorti sa calculette pour nous préciser que la population de corneilles a explosé:  "Après x années, on organise un comptage à l'échelle de la Région wallonne, c'est la cellule Aves qui s'occupe de ce type de suivi-là.  Il y a toute une série d'ornithologues qui vont sur des carrés échantillonnage faire un suivi de toutes les espèces nicheuses. Et en l'occurrence, la corneille noire a doublé en 30 ans et atteint maintenant entre 42 000 et 45 000 couples sur l'ensemble de la région wallonne", dit-il.

Parmi les victimes, le petit gibier

Depuis plusieurs années, les chasseurs se plaignent de l'absence de petit gibier dans les plaines de Hesbaye. La corneille s'attaque à plusieurs espèces: "la perdrix grise, le lièvre, le faisan, et dans les espèces qui ne sont pas classées gibier, il y a par exemple la caille des blés, le bruant proyer, le bruant jaune ou l'alouette des champs" précise Simon Lehane.

Les chasseurs ne sont pas demandeurs

La Région wallonne veut permettre aux chasseurs d'intervenir pour limiter le nombre d'espèces nuisibles.  Cela dit, ils ne sont pas demandeurs pour accomplir cette tâche. Sébastien de Bonhome, garde-chasse, explique: "Nous sommes contre l'idée que la corneille noire devienne une espèce chassable car ça voudrait dire que les chasseurs seraient responsables des dégâts qu'elles occasionnent aux cultures agricoles et qu'ils devraient payer les dégâts, comme c'est déjà le cas pour les sangliers. Or, nous ne sommes pas responsables de la surdensité des corneilles noires".

Natagora est disposée à mobiliser ses sympathisants

Natagora, l'association de protection de la nature, prévient le ministre wallon Collin.  S'il persiste dans cette option, il recevra rapidement une pétition sur son bureau. Philippe Funcken, directeur général de Natagora: "Pour nous, les dispositions qui sont dans la loi actuelle sont amplement suffisantes.  Par exemple, pour la corneille, il y a déjà des dizaines de milliers de corneilles qui sont capturées et éliminées chaque année. Nous ne comprenons pas pourquoi la corneille et la pie devraient être mises dans les espèces chassables."

Se parler pour trouver une solution

Pour le ministre René Collin, la marge de manœuvre ne sera pas facile. La trêve des confiseurs permettra peut-être aux uns et aux autres de se mettre autour d'une table pour confronter les points de vue.

Newsletter info

Recevez chaque jour toutes les infos du moment

Recevoir