Chant et salut nazis chez Lequet (Liège) ce dimanche: des clients très choqués

Les clients de l'établissement ont été choqués par l'attitude du patron
Les clients de l'établissement ont été choqués par l'attitude du patron - © Google Maps

Un patron de restaurant qui diffuse un chant à caractère nazi et les accompagne d’un salut hitlérien, voilà qui a de quoi interpeller. L’incident a en tout cas choqué plusieurs clients du célèbre établissement liégeois "Café Lequet" ce dimanche. Plusieurs ont rapporté les faits sur les réseaux sociaux.

"Dès l’entrée, la musique était très forte. Il y avait comme d’habitude le dimanche matin lors de la Batte énormément de monde qui patientait pour manger. Au départ, c’était un peu l’ambiance folklorique habituelle. On s’est laissé prendre au jeu et puis très vite on a commencé à voir apparaître un personnage qui sortait du lot, qui criait très fort, qui était ivre. Il criait qu’il était le patron parce que des gens lui demandaient de baisser le fond sonore. Il y a alors eu une première musique militaire allemande, avec des chants très durs, et les premières mains levées hitlériennes", explique une cliente. "Au départ, on a cru à une blague. On s’est dit qu’ils allaient rigoler un moment donné mais le malaise s’est installé. Il y a alors eu un deuxième coup de chants que je qualifierai d’hitlériens, et de nouveaux des bras levés. On s’est alors rendu compte que ce n’était pas du tout une blague. D’ailleurs, d’autres gens dans l’espace répondaient à son salut hitlérien, comme s’il y avait connivence entre des groupes. C’était une ambiance surréaliste, très tendue et qu’on a vraiment trouvé très malsaine. On est parti illico presto", ajoute-t-elle.

"Plongée dans le 3eme Reich : chants et saluts nazis orchestrés par un patron ivre mort ne tenant plus debout. Bagarre avec la clientèle en présence d’enfants, insultes, propos racistes et homophobes. Tellement triste d’écrire un avis pareil après de tant de bons souvenirs en famille. La fin d’une légende liégeoise", témoigne un autre client.

J’avais bu un coup mais j’assume. Je ne suis pas nazi. Je suis blanc-bleu-belge

Ces faits, le patron du restaurant, qui a repris l’établissement en janvier dernier, les reconnaît et se dit même étonné d’être contacté à ce sujet : "On a mis des chansons flamandes depuis Youtube et en voyant certaines photos on a vu que c’était des chants de la Wehrmacht. On ne l’a pas fait exprès. On a rigolé un coup avec ça, même chose pour les saluts. Il y a plus grave que ça. On a fait les cons. J’avais bu un coup mais j’assume. Je ne suis pas nazi. Je suis blanc-bleu-belge", explique Marc De Bruyn.

Des faits déjà largement négativement commentés sur les réseaux sociaux et qui pourraient valoir quelques ennuis au restaurateur : "Toute personne a droit à la liberté d’expression mais avec certaines limites. Il y a la loi qui permet de réprimer certains actes inspirés par le racisme ou la xénophobie. Donc tout qui, dans un lieu public, incite à de la discrimination par rapport à une personne, ou à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne, d’un groupe ou d’une communauté, peut être condamné à une peine de prison qui peut aller jusqu’à un an, ou une amende qui peut aller jusqu’à 8000 euros. Donc la question qui serait posée s’il y avait des poursuites, c’est de savoir si le simple fait de diffuser de la musique nazie ou d’inciter des personnes à faire un salut nazi est une incitation à la haine de la part de certaines personnes, de certains groupes ou communautés", explique Maître Patrick Henry, ancien bâtonnier de l’ordre des avocats de Liège.

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