Le groupe Jan De Nul et Blaton vont développer Coronmeuse à Liège: 313 millions d'investissement

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La maquette - © RTBF - Michel Gretry

C'est la fin d'une longue procédure de sélection, qui a duré plus de trois ans: l'association entre l'alostois De Nul, le bruxellois Blaton, et une filiale du groupe français Rabot-Dutilleul a été choisie, ce mardi, pour construire une sorte de ville nouvelle sur le site de Coronmeuse. Ce sont des poids lourds du secteur des travaux. L'autre concurrent n'a finalement pas remis d'offre: il a préféré ne pas courir le risque de devoir supporter les frais, non encore budgétés, de dépollution...

L'investissement s'élève à 313 millions, et doit s'étaler sur au moins 15 ans. Le programme prévoit très précisément 1327 logements, dont 80 maisons individuelles, mais surtout des appartements de deux ou trois chambres, dans quatre pâtés d'immeubles de quatre ou cinq niveaux, et quelques bâtiments d'une douzaine d'étages. Un mécanisme d'accès à la propriété est instauré: un dixième des superficies devraient être proposées à la vente avec une décote de 10 à 20%, par exemple par l'intermédiaire d'une agence immobilière sociale.

Mais à quoi le site de Coronmeuse va-t-il ressembler ?

L'élément le plus spectaculaire du projet, c'est le quai désormais totalement livré à la circulation piétonne ou cycliste. Le trafic automobile, pour l'accès et le stationnement des habitants, s'effectue en sous-sol. Quelques emplacements pour les véhicules des visiteurs sont créés à trois entrées de la zone.

Le quartier s'articule autour du "grand palais"

L'ex-palais des fêtes, l'ancienne patinoire, va connaître une seconde jeunesse. L'édifice, très représentatif de l'architecture des années '30, devrait voir son entrée monumentale reconvertie en un restaurant, une librairie, et des commerces maraîchers de circuit court; et la toiture, qui fait quand même 600m², servirait à la culture de fruits et légumes. Les locaux des parties latérales, qui ont longtemps servi de vestiaires, sont transformés en classes d'une école à créer. Quant à l'imposant volume central, il serait percé de quelques baies vitrées très verticales, afin de permettre son aménagement en salle de sports.

En façade, une vaste place carrée s'ouvre, vers la gauche, sur un cheminement vers le terminal du tram, et à droite, vers un ponton qui descend jusqu'au fleuve.

Une plage, vers la darse

Les liégeois l'ignorent, le plus souvent, mais, à l'arrière des halles des foires, qui sont appelées à disparaître, se trouve une darse. Elle devient une extension du port des yachts, avec une capitainerie. Ce sont, pour l'instant, des eaux croupissantes, mais un perthuis doit permettre de créer un écoulement, donc un courant, et donc une plage, en bordure de laquelle un hôtel est envisagé.

Deux passerelles vont permettre un liaisonnement avec le quartier Saint-Léonard, pour que les riverains accèdent facilement au parc. Parce que le parc est maintenu....

Une "piste finlandaise"...

Il est prévu, dans cet espace vert, très apprécié des joggeurs, de tracer une piste dite finlandaise, en graviers recouverts d'une couche d'écorce: c'est un matériau très souple, qui ménage les articulations des sportifs, qui devraient continuer à fréquenter les lieux, puisque des douches sont prévues dans un autre vestige de l'exposition internationale de l'eau, le bâtiment dit "l'équerre", du nom du groupe d'architectes modernistes qui l'ont conçu, qui va retrouver sa structure sur pilotis, comme à l'origine, une structure jusqu'ici camouflée par de fâcheux aménagements ultérieurs.

Questions de gros sous

Les promoteurs ont comptabilisé près de 60 millions d'équipements publics, pour lesquels ils peuvent escompter une moitié de subsides, notamment européens. Le rapport global entre l'argent de la collectivité et le financement des partenaires privés est donc de un à neuf.

Le terrain, d'après les calculs de l'administration communale, est valorisé à 167€ par m², ce qui, pour la municipalité, qui, au passage reçoit 5 millions en argent frais, est finalement une "bonne affaire".

 

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