Braconnage d'oiseaux : saisie record en Province de Liège

La tenderie, interdite depuis 1993 en Wallonie, mais toujours pratiquée
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La tenderie, interdite depuis 1993 en Wallonie, mais toujours pratiquée - © Tous droits réservés

Ils ont des plumes colorées et un chant envoutant. A tel point que certains ont envie de les mettre en cage, pour les garder rien que pour eux. En Wallonie, la tenderie, c'est à dire la capture des oiseaux, est interdite depuis des années. Pourtant, le phénomène serait en pleine recrudescence. Ce lundi, 670 oiseaux ont été confisqués, pour cinq domiciles visités en région verviétoise.

Philippe Brasseur est un rien fébrile lorsqu'il se gare devant cette habitation de la région verviétoise. A quelques mois de la pension, il est pourtant un agent aguerri de l'unité anti-braconnage de la Région wallonne. Mais il le sait bien : avec ce genre d'intervention, les surprises ne sont jamais exclues.

670 oiseaux confisqués en une seule journée

Une brève entrevue avec l'occupant des lieux, puis Philippe Brasseur et son équipe se dirigent vers le fond du jardin. Un établi, une porte grinçante et derrière cette porte, un bourdonnement de bruissements d'ailes et de piaillements. Les agents de l'unité anti braconnage et du département de la nature et des forêts ont vu juste : victimes de leurs couleurs chatoyantes et de leur chant mélodieux, près de 230 oiseaux croupissent ici, dans de toutes petites cages. Philippe Brasseur ne cache pas son émotion : "c'est exceptionnel, c'est vraiment rare d'en trouver autant". Avec ses collègues, il entreprend de transférer les oiseaux, méthodiquement, un par un, d'une cage à une autre. Des pinsons, des linottes mélodieuses, des Sizerins flammés, un bec-croisé des sapins, mais surtout des chardonnerets : voilà pour la liste, non exhaustive, des espèces confisquées.

De fausses bagues, pour plus de bénéfice

Les oiseaux seront envoyés dans un centre de revalidation, puis remis en liberté, lorsque leur état de santé le permettra. Pour certains, blessés ou fatigués, cela prendra plus de temps. Cage-trappe, filet, ou glu : les pièges dressés sur le chemin des oiseaux, pour les capturer, sont souvent causes de blessures.

Ces oiseaux sont parfois conservés par les braconniers, pour leur propre collection. Mais souvent, ils sont revendus, en Belgique ou ailleurs, pour quelques dizaines d'euros par tête. Une autre pratique consiste à poser de fausses bagues à ces oiseaux, pour faire croire à des animaux nés en captivité. Leur détention devient alors légale, du moins en apparence, et leur commerce plus lucratif encore.

Quand les prix des oiseaux s'envolent

En Wallonie, la tenderie est interdite depuis 1993. Pourtant la pratique aurait encore du succès et serait même en recrudescence ces dernières années. "Le nombre de personnes qui capturent n'augmente sans doute pas, mais le nombre de prises augmente certainement", analyse Philippe Brasseur. La faute aux petites annonces sur Internet, "c'est le client qui vient au vendeur" et au prix de ces oiseaux, en hausse régulière.

La tenderie fragilise certaines espèces, déjà en grand danger, comme les bruant ou encore la linotte. "Les capturer devient vraiment scandaleux, s'indigne Philippe Brasseur. Il en convient, la capture des oiseaux n'est pas la seule cause de recul de ces espèces, "mais cela reste un facteur important".

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