Blocage chez Mecamold à Herstal: les ouvriers ne lâchent rien. Question de dignité

Blocage chez Mecamold à Herstal: les ouvriers ne lâchent rien "question de dignité"
2 images
Blocage chez Mecamold à Herstal: les ouvriers ne lâchent rien "question de dignité" - © Tous droits réservés

La grève se poursuit chez Mecamold à Herstal. Lundi, les ouvriers qui occupent l'usine, ont voté à 80% la poursuite du mouvement entamé il y a deux mois. Ils n'acceptent pas le plan de restructuration. L'entreprise  fabrique des moules de pneus. Elle emploie 138 travailleurs.

40 ans d'acquis sociaux: ils veulent tout balayer

Le fabricant de pneus japonais Bridgestone a confié la restructuration de son ancienne filiale herstalienne à Keravalon, une société française. La nouvelle direction prévoit le départ de 44 personnes: 36 ouvriers et 8 employés. Aucun ouvrier n'est actuellement volontaire. Les employés avec la CNE, ont accepté le dernier plan social.  les ouvriers eux -avec la FGTB- ne veulent rien lâcher sur leurs acquis sociaux. Roger Pereira est mécanicien depuis  34 ans chez Mecamold. Il a 52 ans. "c'est une situation très dure. On a une moyenne d'âge de 50 ans ici, avec un  certain vécu, une certaine connaissance. On s'est battus 35, 40 ans pour obtenir des acquis sociaux et ces gens-là sont arrivés du jour au lendemain en voulant tout balayer. On est fatigués parce que ça fait 60 jours qu'on est en grève. On ne sait pas de quoi sera fait demain. Mes enfants me posent tous les jours la même question: "papa, qu'est-ce qu'il en est?" Ecoute, on est là, on se bat pour une dignité." Daniel Moïse, lui, a 47 ans. Il est ajusteur depuis 22 ans: "c'est vraiment une humiliation. Ils veulent mettre les gens dehors comme des malpropres. ils nous traitent de sauvages. En fait, on ne sait pas où ils veulent aller. C'est pas moi qui déciderai le futur de cette entreprise. C'est eux qui nous amènent dans une situation difficile. A ceux qui nous reprochent la grève et l'occupation de l'usine, je dis que c'est plus facile d'abandonner que de se battre."

Pour la nouvelle direction de Mecamold, la Fgtb a rompu le dialogue social

Contacté, Jérôme Gasquet, le nouveau patron français de Mecamold pour la société Keravalon affirme que la Fgtb a rejeté tous les éléments discutés et s'est retirée de la conciliation en n'acceptant pas la remise en cause des avantages sociaux et la levée de la protection des délégués syndicaux. Selon lui, le plan social ne sera donc pas appliqué. "Le dialogue est rompu." Si CNE et FGTB ne s'accordent pas sur le plan social, les deux syndicats réclament ensemble la reprise rapide du dialogue avec la direction pour relancer l'entreprise. Pour le secrétaire régional FGTB, Antonio Fanara, "la balle est dans le camp de la direction. Si elle veut donner une chance à la relance de l'entreprise, nous attendons son retour." "Je ne veux pas que ça dure encore deux ou trois mois. Pour les travailleurs, c'est invivable." déclare de son côté, Françoise Sensi, permanente CNE. Les syndicats craignent que la direction ne laisse volontairement pourrir la situation. Le nouveau patron français a annoncé sa venue jeudi à Herstal.  

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK