Biodiversité: comment protéger le petit gibier?

Biodiversité: comment protéger le petit gibier?
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Biodiversité: comment protéger le petit gibier? - © MORITZ FRANKENBERG - AFP

Dans les campagnes de Hesbaye, le petit gibier se raréfie depuis quelques années. Bertrand de Liedekerke, Vice-président du Royal Saint-Hubert Club : "Par petit gibier, on entend ce qui est lièvres, faisans, perdreaux, canards. Dans les plaines, ce sont surtout des faisans, des perdreaux et des lièvres. Mais ils disparaissent malheureusement de plus en plus, surtout le perdreau. Tous les petits oiseaux disparaissent aussi. Ce qui est vanneaux, alouettes, bruants, tout ça diminue fortement".

Une disparition qui s’explique

"Il y a plusieurs causes" souligne Bertrand de Liedekerke. "La première, c’est la taille des exploitations agricoles, surtout du parcellaire, qui devient trop grand. Tous ces oiseaux cherchent une diversité dans la nourriture qu’ils ne trouvent plus dans les grandes terres. Ils sont déjà généralement assez sédentaires. La deuxième cause, c’est la prédation qui devient importante, surtout par le renard et les corvidés."

Des aménagements spécifiques proposés aux agriculteurs

Aurélie Borensztein est conseillère en mesures agro-environnementales pour Agriwal. Elle propose aux agriculteurs d’aménager des espaces où le petit gibier trouve le gîte et le couvert : "La plus-value, c’est qu’on voit le gibier qui réapparaît, le lièvre notamment, qu’on ne voyait plus dans les plaines. Pour certains types d’oiseaux, on voit la population augmenter. Il y a chaque année des comptages qui sont faits au sein de ces bandes et on se rend compte que les populations réaugmentent un petit peu. On a donc clairement cet effet bénéfique pour la faune des plaines".

Olivier Gathy, agriculteur à Acosse, veut apporter sa pierre à l’édifice en matière de biodiversité : "J’ai accepté pour favoriser le développement de la biodiversité, pour retrouver la faune qu’on a perdue par nos pratiques, et aussi pour redorer un peu l’image de l’agriculteur au niveau des citoyens".

A Avin, Simon Lehane, chasseur, a planté quatre kilomètres de haies : "Les haies vont apporter des zones refuges, à la fois contre certains types de prédateurs et en même temps pour les mauvaises conditions climatiques. Ça va apporter des fruits, des insectes, pour toute la petite faune des plaines".

Et si les chasseurs s’abstenaient de tirer le petit gibier?

"Ça pourrait être soi-disant une solution mais ce n’est pas une bonne idée", répond Bertrand de Liedekerke. "Toutes les expériences qui ont été menées dans ce genre-là nous ont prouvé que la disparition était encore plus rapide parce que la gestion du petit gibier et de la faune est indispensable pour pouvoir conserver quelque chose."

Comment améliorer les aménagements en faveur du petit gibier ? Une thématique qui sera sans aucun doute abordée ce week-end aux journées de la chasse à Verlaine.

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