Bénédicte est esthéticienne sociale en hôpital depuis 18 ans : un métier méconnu

Ses patientes ont souvent perdu leurs sourcils, leurs cils, leurs cheveux… Bénédicte Voncken est esthéticienne sociale depuis 18 ans au Centre Hospitalier Chrétien de Liège dans les services d’oncologie et de soins palliatifs. Esthéticienne en institut de beauté et esthéticienne sociale sont deux fonctions complètement différentes : "je fais tout ce qui est massage du crâne, des conseils en maquillage, des massages du dos, des pieds, des jambes, énormément de soins des mains et des pieds parce que beaucoup de personnes ont des difficultés à le faire elles-mêmes. À cause du syndrome mains-pieds pour certains types de cancers, les ongles sont très abîmés et douloureux. Il y a beaucoup plus de précautions à prendre notamment aussi parce que la peau des gens est très fragile."

Et puis il a un important travail relationnel : "il y a une écoute qui est différente parce que les gens ne sont pas bien psychologiquement donc il y a une écoute, une présence, un toucher qui est très doux et beaucoup de conseils."

Hôpital, prisons, maisons de repos, femmes battues… Une profession peu reconnue

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Bénédicte a proposé un massage de crâne à Marilyn en chimiothérapie © Tous droits réservés

Bénédicte précise qu’à l’hôpital, "il y a énormément de demandes. Nous sommes trop peu nombreuses. Il n’y a pas que les traitements du cancer, il y a toutes les pathologies lourdes, les chirurgies lourdes, les pathologies chroniques qui viennent passer énormément de temps à l’hôpital. Ici, c’est un peu leur deuxième maison et pour nous, tous ces enfants et ces adultes devraient avoir droit au passage d’une esthéticienne sociale."

"Je pense qu’esthéticienne sociale, ce n’est pas un luxe mais une nécessité pour accompagner les gens dans leurs maladies, leurs difficultés et les gens qui sont en souffrance." Le service, au CHC est gratuit. Mais la profession est "très peu reconnue et manque de moyens de financement dans les milieux hospitaliers et ailleurs comme dans les prisons, les maisons de repos ou les foyers de femmes battues."

Son plus beau souvenir ? "Il y a une dame que j’ai soignée aux soins palliatifs pendant plusieurs mois. Le jour de son euthanasie, elle m’a demandé de la maquiller. Et c’est un moment que je n’oublierai jamais. J’ai pu lui faire plaisir et j’ai pu créer un moment magique pour elle et partir. Elle est partie digne parce que ça lui correspondait bien. C’est un merveilleux moment que je garderai toujours."

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