Avec le décès d'Antaki, la contre-culture liégeoise perd l'un de ses hérauts

Michel Antaki, invité en 1995 par l'émission "Intérieur Nuit"
Michel Antaki, invité en 1995 par l'émission "Intérieur Nuit" - © Tous droits réservés

Antaki, c’était un infatigable provocateur. Il s’était un jour présenté au bureau électoral en djellaba, juste pour voir les réactions. Lors de l’inauguration du nouvel immeuble de la RTBF, Médiarives, il était arrivé en bonnet, en jeans et en baskets, parmi les invités endimanchés, il avait fait tache. Il avait refusé de montrer ses papiers d’identité aux vigiles. Il avait passé la nuit au poste.

Mais Antaki, c’était bien plus encore. De mère libanaise et de père syrien, devenu belge "au gré du vent", architecte, urbaniste, il se définissait comme un "grand jardinier du paradoxe et du mensonge universel". Avec d’autres, il avait fondé le Cirque Divers à la fin des années septante et il avait attiré dans ce recoin de Roture des artistes de renommée mondiale, de la musique ou de la littérature, Allen Ginsberg ou Laurie Aderson. Antaki,  c’était la Nuit de la Poésie, les Rencontres Internationales de l'Insulte, ou C4, le mensuel par les chômeurs. C’était encore la Fête du Cul, qui lui avait valu de sérieux démêlés avec la justice. Il n’aurait pas apprécié d’être catalogué comme intellectuel engagé, et pourtant cet agitateur d’idées a promené son bégaiement sur toutes les allées de l’éducation permanente et populaire.

Michel Antaki s’est éteint à l’âge de 73 ans.


►►► Archive : Michel Antaki, directeur du Cirque Divers


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