Avec l'élargissement du pont Atlas, le chantier du tram entre dans une phase hypertechnique

Des barres d'acier spécial et des scellements chimiques pour le coffrage du futur tablier du pont
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Des barres d'acier spécial et des scellements chimiques pour le coffrage du futur tablier du pont - © Michel Gretry

C’est l’un des points les plus délicats du chantier du tram : il faut élargir le pont Atlas, pour relier le dépôt de Droixhe au terminal de Coronmeuse. Mais c’est un ouvrage d’art particulier : il date des années trente, puis il a été miné par l’armée belge au début de la deuxième guerre mondiale, puis bombardé, puis reconstruit. Il a fallu procéder à des études approfondies pour déterminer les parties saines et les éléments à détruire. Il a été décidé de conserver les piles, les culées et les arches, et de couler un nouveau tablier, en partie en porte-à-faux, en surplomb du fleuve, en "encorbellement". Depuis quelques jours des fixations étranges et des coffrages ont commencé à apparaître.

Des barres d’acier spécial et des scellements chimiques

Pour l’instant, les ouvriers s’activent sur le côté aval, au départ de la rive gauche. Sur l’ancien tablier du pont Atlas, dix mille ferraillages vont être plantés pour accrocher les armatures qui vont solidariser la partie nouvelle qui ne "repose" sur rien. Mais auparavant, il va falloir supporter le poids d’une épaisseur de plusieurs dizaines de centimètres de béton liquide, avant prise.

Un système de fixation-suspension particulièrement costaud

C’est là qu’interviennent de curieux modules qui ont intrigué les passants depuis la fin juin. Ils sont composés de barres de traction capable chacune de tenir une charge de quinze à vingt tonnes. C’est leur épaisseur, mais également leur composition métallique, qui permet cette performance. Et puis leur fixation chimique, par une sorte de pâte, une sorte de colle.

Un tour de force de stabilité

Ces modules sont pourtant temporaires : après prise du béton, les éléments de coffrage doivent disparaître, démontés, coupés ou enlevés. La stabilité a été modélisée, et puis des essais ont été menés pour s’assurer de la conformité du dispositif : il faut évidemment que le futur pont Atlas "tienne" les vibrations des passages des tramways et du trafic automobile. Le coût de ces quelques dizaines de mètres de parcours n’a pas été précisé

Comme l’explique François Devillers, responsable des ouvrages d’art et des bâtiments sur le chantier du tram, "la technique n’est pas neuve ; élargir un pont sans élargir les piles sur lesquelles il repose, ça se fait, c’est classique, mais chaque cas est unique". La structure du pont Atlas a nécessité des heures de calcul pour pouvoir s’appuyer sur la structure actuelle, sans y apporter des contraintes excessives. Le tout en concertation avec, entre autres, la région wallonne, propriétaire du pont, et des organismes de contrôle.

Présentation d'une maquette du futur tram de Liège (septembre 2019)

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