Au Standard de Liège, être malvoyant et suivre un match, c'est possible

Être malvoyant ou aveugle, aller au stade et suivre un match de football, c’est possible. Depuis 10 ans, le speaker officiel Jacques Massart, Jean-Marc Streel et Michael Modolo commentent les matchs en audiodescription.  

Le terrain est divisé en 4 zones (A, B, C et D). Via les commentaires, les malvoyants peuvent suivre le déplacement du ballon. Pour Jacques Massart l’objectif est de fournir aux spectateurs lambdas, mais non-voyants ; l’image qu’il n’ont pas, en passant par la description, mais aussi l’émotion:  " Il a fallu s’adapter, on doit beaucoup plus décrire. On a beaucoup plus de description en zone, pour savoir où le joueur se trouve sur le terrain. Et puis surtout, on a beaucoup plus d’émotions. C’est ce que les malvoyants et non-voyants veulent. C’est vivre le match avec plein d’émotions. On est un petit peu en dehors de commentaires radio traditionnels. On met de l’émotion, de l’humour, on essaie parfois même de sortir des normes pour leur donner ce qu’ils attendent lorsqu’ils viennent au stade”.  

Par un exemple, Michael illustre le potentiel du dispositif:  "Nous avons deux très jeunes supporters dans les tribunes, dont les parents venaient déjà au stade. Grâce à l’audiodescription, ils viennent en famille".  

Joannie et Grégory, un couple uni par la passion

Joannie et le Standard, c’est une histoire que ne date pas d’hier:  "Cela fait une dizaine d’années que je suis abonnée, mais avant le système d’audiodescription je ne savais pas aller au stade tout seule ".  

Aujourd’hui elle se rend au stade Maurice Dufrasne, avec son compagnon: "Cela fait 4 ans que Grégory est converti aux Rouches. Avant, le football ne l’intéressait pas trop. Maintenant, c’est un acharné, pire que moi".  Grégory confirme: "C’est vrai que je regardais de temps en temps des matchs. Mais je n’avais pas cette fibre-là parce que dans la famille, on n'a jamais vraiment été foot. A part ma sœur quand elle était petite. C’est depuis que je suis avec Joannie que je m’y suis mis".  

L’audiodescription : une aide précieuse

Avant l’audiodescription, Joannie avait déjà goûté aux joies du football: " Je m’aidais avec le public. Il y avait les Ultras d’un côté, le PHK de l’autre. Grâce à ces deux kops de supporters, j’arrivais à savoir ce qu’il se passait sur le terrain” Elle ajoute : “ Avec l’ouïe, on peut distinguer plusieurs signes. Mais avec l’audiodescription, vu que je fais des photos, ce système m’a amené plus de précisions, plus de détails. Choses que je n’avais pas avant".  

Pour Grégory, cette aide est primordiale: " S’il n’y avait pas l’audiodescription, je ne saurais pas aller au match, c’est aussi simple que cela. Sans ça, pour savoir où se situent les actions, le ballon, je ne m’y retrouverais pas. Sans casque, ce n’est pas possible".  

Un manque à combler  

Anderlecht, Genk, La Gantoise et le FC Bruges disposent également du système audio-descriptif. Du côté wallon, seul le Standard offre cette possibilité, un regret pour Joannie: "Des malvoyant, fans de football, il n’y en a pas qu’au Standard. Le dispositif devrait être accessible partout ".  

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