Attendre le 12 mai : le grand désarroi des organisateurs de festivals

L’absence de décision du Codeco avant le 12 mai en ce qui concerne les conditions de tenue des festivals de l’été pose de gros problèmes aux organisateurs de ceux-ci. Au point qu’il devient trop tard pour les organiser dans une version complète. Certains annoncent d’ailleurs déjà des annulations.

C’est au mieux une version plus légère qui se tiendra pour les Francofolies : " On s’attend à ce que le festival ne puisse pas se tenir avec une édition normale cet été. Il faudrait être sur une autre planète pour ne pas s’en rendre compte. Notre volonté, c’est de ne pas, pour la deuxième année, ne pas être aux côtés des festivaliers, et surtout des artistes de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui ont bien besoin d’être soutenus. Nous voulons vraiment tout mettre en œuvre pour, dans ce qu’il sera autorisé de faire, proposer quelque chose qui les mette en valeur et qui permette qu’ils aient une activité cet été. Evidemment, ne pas savoir ce qu’il sera possible de faire n’aide pas à préparer cela, donc ça risque très fort d’être une formule alternative. Il est possible aussi qu’il n’y ait rien du tout ", regrette Charles Gardier, co-directeur des Francofolies.

Version plus légère ou report aussi en prévision pour les Ardentes : " Aux dates prévues, il est maintenant impossible de pouvoir tenir un festival dans sa globalité. Maintenant, différents scénarios sont possibles : un report de quelques semaines, de quelques mois, d’un an, mais tout cela aussi en fonction de décisions qu’on attend. Il est clair aussi qu’il y a beaucoup de questions qui nous viennent des artistes. Dans une affiche avec une centaine de noms, certains pourraient très rapidement trouver des solutions pour postposer mais d’autres pas. A l’heure d’aujourd’hui, on ne peut pas leur répondre puisqu’on ne sait pas ce que le gouvernement va dire ", souligne Fabrice Lamproye, co-directeur des Ardentes.

Assurances

Les organisateurs doivent aussi prendre en compte l’élément assurances. Selon qu’ils annulent d’eux-mêmes leur festival, ou qu’ils le font suite à des décisions du gouvernement, les conséquences ne sont pas les mêmes : " Je pense qu’il y a une solidarité de manière générale dans le milieu, mais il y a des exceptions et effectivement, il y a des risques que certains artistes, certaines agences, demandent un dédommagement parce que le festival aurait spontanément annulé, sans avoir une raison dite de force majeure de le faire. Effectivement c’est beaucoup plus rassurant de prendre une décision en fonction des directives du gouvernement plutôt que de spontanément annuler nous-mêmes en devinant ce que le gouvernement va dire dans quelques semaines ", reconnaît encore Fabrice Lamproye.

Au Feel Good Festival, l’ex Yes2dayland, de Remouchamps, une décision sera prise dans les tout prochains jours.

Difficulté pratique

Pendant ce temps, le Garden Party de Comblain-la-Tour (Hamoir) est lui déjà annulé, d’autant que pour les plus petits festivals, un aspect très pratique pourrait poser problème : " A partir du moment où on va lâcher les gens, les organisateurs vont se ruer pour avoir les brasseurs, les sonos, etc. Je pense qu’il y aura énormément de demandes, donc plutôt que de prendre le risque de ne pas avoir ce dont on a besoin, ou d’être trop juste, c’est mieux de faire l’impasse pour un an ", précise Kevin Pirat, organisateur de ce festival.

Le Comité de concertation devrait apporter des précisions aux organisateurs le 12 mai.

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