Assureur liégeois Intégrale : l'offre de la dernière chance ?

Le personnel d'Intégrale s'est réuni devant le siège de Nethys, son actionnaire principal
Le personnel d'Intégrale s'est réuni devant le siège de Nethys, son actionnaire principal - © Tous droits réservés

Réunis ce matin en assemblée, une cinquantaine de membres du personnel de l’Intégrale ont manifesté devant le siège de Nethys, l’actionnaire principal de l’assureur liégeois. Ils veulent qu’on prenne au sérieux l’offre de reprise du fonds d’investissement anglais, River Rock Capital Partners.

Nethys doit prendre en compte les familles, les travailleurs

"Nous sommes pour la solution qui permettra de sauver le maximum d’emplois" annonce Geoffrey Broux, permanent Setca. Pour son collègue de la CNE, Raymond Vrijdaghs, "cette offre pourrait être une bonne nouvelle pour autant que derrière, on a la garantie que l’activité reste ici à Liège en Belgique et que l’emploi soit sauvegardé. Tout ce que nous voulons, c’est que Nethys prenne en compte les familles, les travailleurs qui sont à l’Intégrale. Ça doit être leur priorité".

Le comité de direction soutient la proposition du repreneur

Ce week-end, le président du conseil d’administration d’Intégrale, Michel De Wolf annonçait que "la proposition semble sérieuse, professionnelle et offre non seulement la perspective de poursuivre les activités actuelles mais aussi de développer de nouvelles activités connexes à l’assurance-vie ". Le comité de direction soutient la proposition du repreneur, une proposition qui sera transmise à la Banque nationale comme réaction à sa dernière lettre de refus.

Mais l’enthousiasme du projet de reprise, n’est pas partagé par tous les administrateurs d’Intégrale. D’après nos informations, seuls 4 administrateurs avaient reçu l’offre écrite du repreneur avant la réunion vendredi dernier, du conseil d’administration d’Intégrale. Certains n’avaient donc pas eu le temps de s’informer sur les conditions de reprise. Dans ce contexte, 7 administrateurs -dont les représentants de Nethys- ont voté contre la procédure de vente présentée, estimant qu’il n’y avait pas d’urgence à décider le jour même. Par contre, Tous les administrateurs d’Intégrale ont voté à l’unanimité, un examen de l’offre du candidat repreneur anglais.

Nethys examine prudemment l’offre de l’investisseur anglais

Renaud Witmeur, directeur général de Nethys -l’actionnaire principal de l’assureur- tient à rassurer les travailleurs d’Integrale : "aucune décision n’a été prise. Toutes les offres sont et seront encore analysées avant de prendre une quelconque décision." Nethys qui assure vouloir "tout mettre en oeuvre pour préserver au mieux les intérêts des assurés et des travailleurs de l'Intégrale."

27 octobre:  date-butoir fixée par la Banque nationale

Une première réunion entre Nethys et le candidat repreneur anglais est d’ailleurs prévue demain après-midi pour examiner les conditions financières et les conditions de reprise du personnel. Mais selon un administrateur d’Intégrale, cette offre, à première vue, ne diffère pas fondamentalement des deux offres de reprise qu’a déjà rejetées le groupe Nethys. Il faut dire que c’est ce mercredi 27 octobre, la date-butoir fixée par la Banque nationale pour une dernière réaction de la part de l’assureur liégeois. La BNB exige de l’Intégrale, que son niveau de solvabilité dépasse les 100% du montant de ses fonds propres. Il faut donc recapitaliser l’Intégrale. Le risque sinon, c’est la liquidation de l’entreprise. C’est maintenant à Nethys, au candidat repreneur puis à la Banque nationale de se prononcer.

"Il est hors de question que l’Intégrale soit liquidée !" précise le PTB

Administrateur chez Enodia (la maison mère de Nethys) , Damien Robert du PTB rappelle que l’Intégrale est une filiale d’une entreprise publique qui a déjà injecté 400 millions d’euros dans l’entreprise. "Il faut prendre extrêmement au sérieux les 150 travailleurs et des 170.000 affiliés qui y ont leur pension complémentaire. Il faut qu’Intégrale poursuive ses activités. Et que les pensions soient garanties. Il faut bien se rendre compte de ce que serait une liquidation d’une société de pensions complémentaires. C’est du jamais vu ! La seule garantie de maintenir les emplois et les pensions, c’est une recapitalisation".

 

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