Assises de Liège : les trois derniers accusés interrogés

L’audience de mardi devant la cour d'assises de Liège, au procès de l’assassinat de Valentin Vermeesch, a permis à la présidente de la Cour d’interroger les trois accusés qui ne l’avaient pas encore été lundi. Le premier fut Dorian Daniels, 22 ans. Comme pour Belinda Donnay et Alexandre Hart la veille, la présidente est d’abord revenue sur le parcours de vie de l’accusé. Le jeune homme, « pas très motivé en classe », à l’attitude nonchalante, n’a jamais posé de problème de comportement ou de discipline à l’école ou dans sa vie professionnelle. Après la découverte du corps de Valentin, le 14 avril 2017, Dorian Daniels s’était rendu au commissariat.

Dorian Daniels décrit son enfance comme heureuse, avec beaucoup d’amour. Sa petite amie, qui lui rend toujours visite en prison aujourd’hui, dit de lui qu’il est « gentil, serviable, doux », tandis que lui-même se définit comme plutôt timide, ayant du mal à « s’intégrer à un groupe ».

A environ 17 ans, il a rencontré Alexandre Hart, également dans le box des accusés, à l’Ecole Polytechnique de Huy 1. « On était dans le même délire. Parmi toute la classe, c’est le seul avec qui j’ai pu m’intégrer. » Les deux jeunes ont séché les cours ensemble, « mais on ne faisaient pas de conneries », assure-t-il. Par le biais d’Alexandre, il a aussi rencontré Belinda Donnay. « C’est devenu ma meilleure amie. » Les deux jeunes se surnomment « tata » et « neveu ».

« On n’entend jamais parler en négatif de vous », a relevé la présidente, Catherine Urbain. « On vous décrit comme gentil mais quand on entend les enregistrements (une partie des sévices ont été filmés, NDLR), vous êtes quand même très virulent et violent dans les coups. Comment expliquez-vous cela ? » « Je ne sais pas », a-t-il répondu, en pleurs. Dorian Daniels parle de Valentin comme « d’une connaissance, sans plus », quelqu’un de « gentil ». « Je savais qu’il avait un retard mental, ça se voyait à son visage et sa façon de parler. Quand il discutait, on aurait dit un enfant », ajoute-t-il.

Revenant à nouveau sur les faits, la présidente lui a demandé pourquoi il avait décidé de se rendre à la police. « J’ai appris la mort de Valentin sur Facebook et j’ai voulu prendre mes responsabilités », a-t-il expliqué.

Loïck Masson

Né en France avant un déménagement de la famille en Belgique, Loïck Masson, 23 ans, est un passionné de mécanique, de moto et de tuning, ressort-il de son interrogatoire. Atteint d’un cancer des ganglions à l’âge de 18 ans, l’accusé est aujourd’hui en rémission.

Quand la famille Masson est rentrée en Belgique, une dizaine de déménagements se sont enchaînés. Racontant son enfance, Loïck a évoqué des coups de martinet donnés par son père et une « maman un peu trop poupoule » avec laquelle il entretenait une bonne relation, tout comme avec ses frères et soeurs. Son parcours scolaire a été semé d’embûches. Le jeune homme se dit aussi traumatisé par des moqueries subies en secondaire.

Après son cancer, Loïck Masson, fort affaibli, s’invente une vie pour se sentir mieux. Jusqu’à la rencontre avec sa future compagne, Lisa-Marie M. (renvoyée devant le tribunal correctionnel dans cette affaire pour non-assistance à personne en danger). « Elle a changé ma vie », a raconté Loïck. Le couple a vécu chez lui, dans son appartement de Statte.

C’est dans ce cadre que l’accusé rencontre sa voisine, Belinda Donnay, également renvoyée devant les assises pour ces faits. Le jeune homme a alors commencé à faire de la moto avec le compagnon de celle-ci, Alexandre Hart. « Parfois, il me déguisait en costume de Minion ou en soldat et il me faisait me rendre ridicule comme ça. Il disait : 'Allez, mets-le, on va bien s’amuser' », a expliqué l’accusé. « Moi je n’avais pas envie mais je le faisais quand même. »

Selon lui, Valentin Vermeesch était « normal ». Le jour des faits, il raconte que la victime était venue le voir tandis qu’il travaillait sur sa moto. Valentin souhaitait des nouvelles d’un habitant du dernier étage qui avait eu un accident. « Il était très gentil. »

Kilian Wilmet

Killian Wilmet s’est quant à lui montré peu bavard. Âgé de 16 ans au moment des faits, l’accusé, qui avait filmé avec sa tablette une partie des sévices subis par Valentin Vermeesch, dit avoir montré les images à des amis « comme pour appeler à l’aide ».

L’enfance de Killian Wilmet, dont le père a eu cinq enfants avec sa mère, sans les reconnaître, avant d’en avoir cinq autres par la suite avec une autre compagne, a été passée en revue lors de son interrogatoire. L’accusé reconnaît qu’il n’aimait pas l’école et se montrait difficile « exprès pour être renvoyé et ne plus devoir aller à l’école ». C’est le cas dès ses 16 ans. Killian a alors commencé à « se promener en ville ». Placé en IPPJ, il a aussi participé à une émeute. La présidente de la cour d'assises a aussi évoqué entre autres des vols et port d’arme factice.

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