Assises de Liège : les avocats Belinda Donnay plaident le doute quant à l'implication de leur cliente

Les avocats de Belinda Donnay ont affirmé mercredi devant la cour d'assises de Liège qu'un doute subsiste sur la culpabilité de leur cliente sur les faits d'assassinat de Valentin Vermeesch.
La défense reconnait les faits de torture, de viol et de coups mais elle estime que l'implication de Belinda Donnay dans la mise à mort de Valentin Vermeesch peut être mise en doute.

S'il y a un doute ou un début d'incertitude, il doit profiter à l'accusée

Me Franchimont a souligné que Belinda Donnay reconnaît les faits de tortures, de viols, de coups et de séquestration volontaire ainsi que la circonstance aggravante de vulnérabilité de la victime. Mais l'avocat a soutenu qu'il existe un doute sur sa culpabilité de sa cliente pour l'assassinat de Valentin Vermeesch."Avoir un doute est de l'ordre de l'intelligence, pas de l'émotion. Il faut en tirer les conséquences. S'il y a un doute ou un début d'incertitude, il doit profiter à l'accusée. Vous acquitterez Belinda Donnay du chef d'assassinat", a plaidé Me Franchimont.

L'avocat a également contesté la préméditation de la mise à mort de Valentin Vermeesch. Il a encore soutenu que Belinda Donnay, même par sa passivité, n'a pas voulu s'associer à l'acte de mise à mort commis par Alexandre Hart. Selon Me Steve Van Laenen, il reste des zones d'ombre dans le dossier, notamment sur la chronologie des faits et de la localisation de certains actes.

Elle n'a rien décidé et elle n'a eu aucune emprise sur le déroulement de la soirée

L'avocat a soutenu que la soirée avait été organisée à l'insu de Belinda Donnay dans son studio. "Mais par ses paroles odieuses lors de cette soirée, elle a encouragé les faits et notamment les viols commis sur Valentin. Par le biais de son abstention coupable, elle a sa part de responsabilité. Mais elle n'a pas eu la direction de la soirée", a insisté l'avocat. Pour la défense, Belinda Donnay est apparue en retrait lors des principales scènes imposées à Valentin Vermeesch. Lors d'une première scène en bord de Meuse, elle n'aurait pas été impliquée dans les faits qui consistaient à porter Valentin au-dessus de l'eau et à faire balancier avec son corps pour lui faire peur. Lors d'un retour dans le studio, elle n'aurait pas participé aux coups les plus violents qui ont fait perdre connaissance à Valentin. "Elle est présente mais elle ne participe pas", a indiqué Me Van Laenen.

Me Van Laenen a soutenu que c'est Alexandre Hart qui a pris l'initiative d'emmener Valentin Vermeesch vers le bord de la Meuse. Il a insisté à trois reprises pour que Belinda Donnay l'accompagne. "Mais la scène s'est déroulée dans la pure improvisation et n'a pas été préméditée. Belinda Donnay avait gardé à l'esprit qu'Alexandre Hart voulait faire peur une dernière fois à Valentin. Mais, malgré son absence de réaction, elle n'a pas eu l'intention de s'associer à ce qui allait être commis. Elle n'a pas réalisé les intentions d'Alexandre Hart et elle ne voulait pas tuer Valentin", a plaidé l'avocat.

Il s'est senti fort et a voulu prouver son existence au sein du groupe

La défense de Dorian Daniels a ensuite été entendue. Me Séverine Solfrini a elle aussi sollicité l'acquittement de son client. Elle a reconnu une participation limitée de Dorian Daniels dans les faits de coups, tortures, traitements inhumains et viols sur la personne de Valentin Vermeesch. Selon Me Séverine Solfrini, Dorian Daniels a été entraîné dans un effet de groupe lors des sévices infligés à Valentin Vermeesch. "Il s'est senti fort et a voulu prouver son existence au sein du groupe. Il a voulu faire le puissant, faire peur à Valentin et se moquer de lui", a relevé l'avocate. Mais la défense a pointé que Dorian Daniels a pris conscience de la gravité des actes posés durant le cours de la soirée. Il s'est rendu compte que ce qu'il faisait était honteux et que les choses allaient trop loin.

S'il est bien un protagoniste actif des scènes préalables à la mort de Valentin, la défense conteste l'implication de l'accusé dans l'homicide volontaire. Selon Me Solfrini, la décision de tuer Valentin Vermeesch n'a pas été prise préalablement dans l'appartement où s'étaient déroulées les scènes de tortures, mais plus tard au bord de l'eau. Dorian Daniels n'y a pas été associé et est selon elle impossible de démontrer que Dorian Daniels savait qu'Alexandre Hart allait tuer Valentin. "Son omission d'agir ne peut constituer un encouragement", a plaidé Me Solfrini.

Valentin Vermeesch, un Hutois âgé de 18 ans souffrant d'un léger handicap mental, avait été tué la nuit du 26 au 27 mars 2017 à Statte (Huy). Il avait subi une très longue scène de violences et de tortures avant d'être précipité dans la Meuse, où il s'était noyé, les mains menottées dans le dos. Les plaidoiries des avocats de Dorian Daniels auront lieu à 14h00.

Mardi,  l'avocat de la partie civile avait réclamé, devant la cour d'assises de Liège, une culpabilité d'assassinat pour les 5 accusés impliqués dans la mort de Valentin Vermeesch

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