Assises de Liège: Alexandre Hart avait tué un chat avec une pelle

Assises de Liège: Alexandre Hart avait tué un chat avec une pelle
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Assises de Liège: Alexandre Hart avait tué un chat avec une pelle - © JOHN THYS - BELGA

Alexandre Hart, principal accusé au procès des tortionnaires de Valentin Vermeesch, a révélé vendredi matin devant la cour d'assises de Liège qu'il n'avait pas eu de difficultés à donner la mort à un chat en utilisant une pelle. Des ossements, utilisés comme décoration, avaient été découverts dans sa chambre.

Alexandre Hart a été brièvement questionné par la présidente Catherine Urbain vendredi et a révélé qu'il avait donné la mort à un chat en utilisant une pelle. Un témoin de moralité de Dorian Daniels évoquait à cet instant la violence d'Alexandre Hart et avait soulevé ce fait. Alexandre Hart l'a confirmé. « J'ai déjà tué un chat avec une pelle parce que ce chat venait embêter le mien », a-t-il révélé devant le jury.

À la demande de l'avocat des parties civiles, Alexandre Hart a également confirmé qu'il détenait des ossements dans sa chambre. Il était notamment question d'un crâne et d'os posés à côté de ce crâne. « Ce sont des os d'origine animale qui ont été trouvés derrière une église désaffectée », a précisé l'accusé.

« Il est glaçant d'entendre les explications d'Alexandre Hart », a commenté Me Alexandre Wilmotte, avocat des parties civiles. « Cela démontre qu'il est complètement attiré par la mort. La mort ne lui fait pas peur. »

Dorian Daniels a pris conscience de la gravité des actes commis

Plus tôt dans la matinée, les témoins de moralité entendus devant la cour d'assises de Liège ont dressé le portrait de Dorian Daniels. Selon les témoins, ce troisième accusé de l'assassinat de Valentin Vermeesch a commis des faits qui ne correspondent pas à sa personnalité. Mais il a des remords et il a pris conscience des actes qu'il a commis.

Valentin Vermeesch, un Hutois âgé de 18 ans souffrant d'un léger handicap mental, a été tué la nuit du 26 au 27 mars 2017 à Statte (Huy). Il a subi une très longue scène de violences et de tortures avant d'être précipité dans la Meuse, où il s'est noyé, les mains menottées dans le dos.

Dorian Daniels était un enfant joyeux qui aimait faire rigoler les autres, a indiqué sa mère lors de son témoignage devant le jury. Il était le garçon jovial et comique de la famille. Dorian Daniels était heureux et n'avait jamais posé de problème, en dehors de ses difficultés scolaires. Personne, dans sa famille, n'avait connu de démêlés avec la justice. « La révélation de son implication dans les faits a fait l'effet d'une bombe atomique dans la famille et dans notre entourage », a précisé la mère de l'accusé.

Dorian Daniels n'a jamais causé de soucis à ses parents, à l'exception du fait qu'il n'appréciait pas l'école. Depuis la maternelle, il n'aimait pas être scolarisé. A partir des études secondaires, il a « brossé » les cours.

Selon la mère de Dorian Daniels, il était un garçon correct, timide et réservé. « Couillon, même. Il manquait de confiance en lui et était un suiveur. Dorian avait peur d'Alexandre Hart », a-t-elle ajouté.

La mère de l'accusé a encore précisé que Dorian Daniels avait réalisé en prison la portée des actes commis. Il a reconnu avoir participé aux faits de coups portés à Valentin. « Il est attristé par ce qui est arrivé et il comprend ce qu'il a fait. Il s'en veut énormément. Il y a eu une évolution en prison de sa prise de conscience. Il a toujours dit qu'il devait être puni pour ce qu'il a fait », a précisé la mère.

Le père de l'accusé, en dépression nerveuse depuis les événements, ne viendra en revanche pas témoigner. Le père s'est toujours montré distant mais, selon la mère, il l'aime et reste sa priorité.

La grand-mère de Dorian Daniels a dressé le même type de portrait. Elle a évoqué un garçon adorable et respectueux qui a commis des faits qui ne correspondent pas à sa personnalité. « Il regrette beaucoup ce qui est arrivé. On ressent qu'il se demande comment il a pu faire une chose pareille. Il en souffre et culpabilise. Cet enfant n'aurait jamais fait de mal à un animal. Il n'aurait pas tué une mouche ! Il m'a affirmé qu'il n'a pas tué Valentin. Mais il a reconnu sa participation aux faits de coups. Mais il se demande encore comment une telle chose a pu arriver », a précisé la grand-mère.

Le parrain de Dorian Daniels a lui aussi confirmé qu'il avait eu une enfance normale, avec une évolution classique. « Dorian n'avait jamais été violent ou agressif avec qui que ce soit. Je comprends sa non-réaction durant la scène mais je ne l'accepte pas », a indiqué le témoin.

Dorian Daniels s'en voulait d'avoir participé aux tortures sur Valentin et s'était dénoncé

Dorian Daniels s'était dénoncé à la police après avoir participé aux tortures et à l'assassinat de Valentin Vermeesch, ont confirmé des témoins de moralité devant la cour d'assises de Liège. Ces témoins ont encore souligné que l'accusé était naïf ou influençable. Il s'en veut d'avoir commis de tels faits, selon eux.

Dorian Daniels (22 ans) a encore été décrit comme un garçon gentil, aimable, sympathique et avenant par ses proches qui figurent dans la liste des témoins de moralité. Ses amis l'on décrit comme un jeune homme timide, discret, droit et renfermé. À leurs yeux, Dorian Daniels ne s'était jamais énervé et n'était jamais apparu violent.

Selon les témoins, Dorian Daniels a culpabilisé après les faits. « Il se sentait mal et il pleurait dans sa chambre. Il a décidé de se rendre à la police pour se dénoncer », a confirmé un ami qui l'avait appuyé dans cette décision.

Le meilleur ami de Dorian Daniels, venu du sud de la France pour témoigner au procès, a mis en exergue la sincérité de Dorian Daniels et son honnêteté. « C'est un homme poli, réservé et timide. Je ne vois pas de mal en lui. Mais il était naïf et influençable. Il faisait trop vite confiance aux mauvaises personnes. Je l'avais mis en garde par rapport à ses relations avec Alexandre Hart », a précisé le témoin.

L'enquête de moralité a encore révélé que Dorian Daniels s'était fait remarquer à la fin de ses études primaires par sa paresse. Il n'a obtenu son certificat de réussite des études primaires qu'à l'âge de 15 ans. Il n'a pas réussi dans les orientations choisies dans l'enseignement professionnel car il manquait de motivation.

Durant son apprentissage, Dorian Daniels ne montrait pas de problème de comportement. Son travail était satisfaisant mais son absentéisme posait des difficultés. Un responsable d'apprentissage a relevé qu'il avait été engagé dans une entreprise en qualité d'apprenti mais qu'il n'avait pas évolué.

La défense de Dorian Daniels estime que son client ne présente aucun risque de récidive. « L'enquête de moralité démontre que c'est un garçon immature et influençable. Mais c'est aussi un jeune homme qui a reçu une bonne éducation. Il n'était pas violent et s'insérait, à l'époque des faits, dans le monde professionnel. Dorian Daniels est surtout un jeune homme qui éprouve des remords sincères par rapport aux actes posés. Depuis les faits, il a pris énormément de maturité. Il éprouve une réelle empathie pour la victime. Il ne présente à mes yeux aucun risque de récidive et doit être encadré pour être réinséré dans la société comme l'ont souligné les psychiatres », a exposé Me Pascal Rodeyns.

Le procès reprendra lundi avec les auditions des témoins de moralité de l'accusé Loïck Masson.

 

 

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