Anversois et Liégeois intensifient leur coopération portuaire

Depuis plus de trois quarts de siècle, le canal Albert nourrit le lien "fluvial" entre les deux métropoles. Un protocole de collaboration date de dix ans. Il a été actualisé : c’est le trafic des conteneurs qui assure désormais l’essentiel de la croissance.

Les industriels liégeois ont besoin d’un port maritime pour exporter du sucre, du lait en poudre, des phosphates, ou du bois. Les gestionnaires anversois utilisent la plate-forme multimodale du Trilogiport pour soulager leurs infrastructures, engorgées par les arrivages de plus en plus massifs de fret : pour atteindre l’intérieur des terres, les camions sont bloqués dans les embouteillages autoroutiers, alors que quatorze heures de barge ou de péniche permettent d’acheminer sans encombre un tonnage plus conséquent. C’est l’intérêt le plus immédiat de cette collaboration, et des échanges d’informations. Mais l’enjeu, ce sont des projets à moyen ou long terme.

Un "petit bout" de chemin de fer

Les autorités portuaires du nord et du sud du pays entendent unir leurs efforts pour convaincre Infrabel de réaliser quelques investissements ferroviaires. Notamment une liaison entre le Trilogiport et la ligne directe qui rejoint les rives de l’Escaut et les berges du Rhin. Elle passe actuellement au nord de l’agglomération liégeoise. Quelques kilomètres de rails suffiraient à connecter les exportateurs flamands aux trains de marchandises qui relient quasi quotidiennement le Trilogiport et les principales villes chinoises. Du côté wallon, c’est la perspective d’un développement économique dans les transbordements. D’habitude, des dépenses pour ce genre d’équipement sont soumises à une clef de répartition régionale, mais dans ce cas-ci, c’est d’un intérêt national…

"Du soleil et du vent liquéfiés"

A une échéance plus lointaine sans doute — quoique —, les autorités portuaires anversoises nourrissent de grandes ambitions dans le domaine de l’hydrogène. C’est l’énergie verte de demain, mais il faut beaucoup d’électricité pour en produire. D’où cette perspective d’utiliser le photovoltaïque et l’éolien pour en fabriquer à l’étranger, là où le soleil ou le vent sont des ressources, l’amener ensuite par la voie maritime sous forme liquide par bateaux, peut-être jusqu’au site de l’ancienne aciérie Chertal, qui deviendrait un centre de distribution de ce carburant. L’entente signée ce mercredi couvre les trois prochaines années. Pas certains que ça suffise à voir le début de concrétisation de ces perspectives décarbonées.

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