Alain Mathot sera fixé sur son sort dans six semaines

L'ex-député bourgmestre sérésien, à la sortie du tribunal, ce jeudi
L'ex-député bourgmestre sérésien, à la sortie du tribunal, ce jeudi - © Michel Gretry

Sept heures de plaidoiries! C'est le temps pris par l'avocat de l'ex-député bourgmestre sérésien pour démonter, point par point, dans un minutieux travail de sape, les griefs de corruption et de trafic d'influence. 

Depuis le départ, Alain Mathot explique qu'il est incriminé par le patron du groupe français Innova, parce que ce dernier cherche à cacher des rétrocommissions qu'il s'est octroyées, à l'insu de son employeur. Les deux hommes se seraient, selon le procureur du roi, retrouvés à dix ou douze reprises dans deux hôtels parisiens, pour des remises de liasses de billets dans des enveloppes. Le problème, c'est que l'accusateur ne se souvient plus des dates précises, sauf pour deux rencontres. Et dans ces deux cas, des éléments matériels, relevés de téléphonie ou de cartes de crédit, démontrent que soit l'un, soit l'autre n'ont pas pu se trouver dans la capitale française. C'est l'un des multiples exemples où la crédibilité de ces dépositions est très fortement mise en cause. 

Un dossier parallèle, dans l'hexagone

Un nouvel élément est apparu dans cette affaire: une copie, transmise cet automne, des conclusions d'une instruction à la suite d'une plainte déposée par Innova contre son ancien directeur. Il apparaît qu'il a continué à utiliser la filière de fausses factures qui a servi à générer de l'argent noir dans le cadre du contrat de l'incinérateur d'Intradel. Une filière avec une société irlandaise et des partenaires serbes. Mais cette fois, il est établi que c'est à son bénéfice personnel  pour plus de trois millions. Preuve d'un mensonge, parmi d'autres ? C'est l'interprétation de la défense. Qui a, par ailleurs, plaidé l'irrecevabilité des poursuites pour cause de multiples déloyautés de la part des enquêteurs, dont plusieurs exemples précis ont été exposés. 

Que reste-t-il, au final, de ces quinze années de procédures ? C'est un acquittement qui est sollicité. Le seul reproche qui demeure, peut-être, c'est un chantier de rénovation au domicile d'Alain Mathot, sans facture. Un délit qui, en l'occurrence, est peut-être prescrit. Alors, ripoux de grand chemin ou fraudeur à la petite semaine ? Les juges se donnent un mois et demi pour trancher. 

 

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