Alain Mathot devant le tribunal correctionnel le 27 février prochain

La date est désormais fixée. C’est le 27 février prochain qu’Alain Mathot est convoqué devant le tribunal correctionnel de Liège pour répondre de faits de corruption liés à la construction d’un incinérateur de déchets à Herstal.

A cette date s’ouvrira donc le troisième procès dans cette affaire. La grande différence avec les deux premiers procès, c’est que cette fois-ci, Alain Mathot sera sur le banc des accusés. L’ex député bourgmestre de Seraing ne dispose en effet plus de son immunité parlementaire. En 2015, lorsque le dossier avait été renvoyé devant le tribunal correctionnel, une demande de levée d’immunité parlementaire avait été envoyée à la Chambre où l’ancien bourgmestre siégeait au sein du groupe socialiste. Mais grâce à l’appui de la N-VA et de l’Open VLD, son immunité avait été confirmée. Il avait donc échappé au procès. Pas de condamnation donc pour lui, même si le jugement du tribunal correctionnel mentionne noir sur blanc qu’il avait reçu 700.000 euros pour influencer l’attribution du marché.

Un jugement qui a pesé dans la décision du bourgmestre de ne pas se représenter aux élections législatives de mai dernier. Depuis le mois de juin, il ne bénéficie donc plus de son immunité parlementaire. Suite à la fin de sa protection parlementaire, la justice liégeoise a donc relancé la procédure à son encontre et elle a demandé son renvoi devant le tribunal correctionnel. Vu le contenu du premier jugement, le socialiste a estimé qu’il ne pourrait pas avoir un procès équitable à Liège. Dans l’espoir d’être jugé ailleurs, il a donc introduit une requête en dessaisissement pour cause de suspicion légitime devant la Cour de cassation. Mais cette dernière a rejeté sa requête en septembre dernier. Il sera donc bien jugé à Liège à partir du 27 février 2020.

L’ex député conteste toute corruption. Son avocat, Me Jean-Philippe Mayence, évoque une enquête réalisée exclusivement à charge.

Un procès pour corruption autour de l’incinérateur de déchets

Au début des années 2000, Intradel, l’intercommunale qui traite les déchets de la région liégeoise, veut se doter d’un nouvel incinérateur. Le marché est passé avec la société française Inova pour 170 millions d’euros.

En mai 2007, une lettre anonyme accuse plusieurs personnes, dont Alain Mathot, d’avoir touché une commission pour favoriser l’octroi du marché à Inova. Suite à ce courrier, une longue enquête judiciaire riche en rebondissements démarre. A l’époque, celui-ci avait expliqué qu’au moment du marché, il était simple conseiller communal à Flémalle et n’avait donc pas de pouvoir de décision. Il avait été perquisitionné et entendu à plusieurs reprises, sans autre suite. L’affaire se gâte lorsqu'en 2011, l’ancien PDG d’Inova, inculpé dans ce dossier, a porté lui aussi des accusations contre Alain Mathot. Il affirme que de l’argent lui aurait été versé. Suite à cela, le bourgmestre de Seraing est inculpé en novembre 2011 du chef de faux en écriture, d’organisation criminelle, de corruption, de blanchiment, d’abus de biens sociaux, d’escroquerie et d’infractions relatives aux enchères publiques.

En juin 2018, le tribunal correctionnel de Liège condamne douze prévenus à des peines de prison avec sursis, des amendes et des confiscations, dans le cadre du procès Intradel. Même si Alain Mathot n’a pas été condamné dans le cadre de ce procès, le jugement stipule que 700.000 euros ont été donnés à Alain Mathot pour influencer le marché de la construction de l’incinérateur. Le jugement rendu en correctionnelle le classe donc bien parmi les "corrompus" de l’affaire.

Retour sur son immunité parlementaire, un sujet du 16 décembre dernier:

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