Stéphane Moreau placé sous mandat d'arrêt : portrait de l'homme au cœur de l'affaire Nethys

Après deux journées d'interrogatoire, Stéphane Moreau, l'ancien patron de Nethys, a été placé sous mandat d'arrêt. L'information a été confirmée par son avocat à la RTBF ce samedi soir. Pol Heyse et Bénédicte Bayer, deux autres ex-dirigeants du groupe liégeois sont également inculpés. Cette dernière, selon le journal Le Soir, n'a pas été incarcérée.

C'est la suite logique de plusieurs autres privations de liberté, qui, en milieu de semaine, ont concerné les membres du comité de rémunération du groupe, les mandataires qui ont octroyé les désormais fameuses "indemnités de rétention". Les bénéficiaires de ces très généreuses primes sont à leur tour dans le collimateur de la justice liégeoise. 

L'incarcération de Stéphane Moreau, même s'il est toujours présumé innocent à ce stade, est évidemment un tournant dans l'enquête. C'est la chute d'un symbole. L'homme a fait couler beaucoup d'encre depuis le jour où l'affaire Publifin a éclaté. Mais qui est-il vraiment ?  


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Un animal politique, ou un gestionnaire sans scrupules ?

Il a la morgue des ambitieux. Il cache ses origines modestes, son enfance chez son grand-père cheminot, derrière son autoritarisme. Stéphane Moreau est tombé dans la politique très jeune, dans la banlieue ansoise, et même son père spirituel, le défunt ministre Daerden s'est méfié de son arrivisme. A raison: il a fini par être renversé par son dauphin, qui s'est emparé de son écharpe mayorale. 

Auparavant, il a gravi, un à un les échelons du pouvoir, attaché de cabinet, directeur d'intercommunale, échevin, et pour finir bourgmestre. Une irrésistible ascension où il a été comme aspiré par la mainmise des coolsiens sur la fédération socialiste liégeoise, des coolsiens dont il a, d'une certaine manière, appliqué les méthodes pour la relance de l'après-sidérurgie : mobiliser de l'argent public, à travers une nébuleuse de sociétés privées, pour investir dans des outils de redéploiement économique.


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Au départ d'une fusion, réussie, entre les distributeurs locaux de gaz et d'électricité, il a bâti un empire énergétique, logistique, biotechnologique, aéroportuaire, puis immobilier. Avec des relents de clientélisme à chaque étape.

Homme d'argent, apparemment, il s'est servi au passage. Sans doute convaincu de ses mérites. Peut-être aveuglé par son influence, il paie à présent le prix des récompenses que personne, jusqu'au début de l'affaire Publifin, n'a osé lui refuser. Et dont la justice réclame désormais les comptes et les décomptes. 

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