Affaire Nethys : le donnant-donnant que soupçonnent les enquêteurs

Stéphane Moreau, Bénédicte Bayer et Pol Heyse, auditionnés à la police judiciaire ce vendredi
Stéphane Moreau, Bénédicte Bayer et Pol Heyse, auditionnés à la police judiciaire ce vendredi - © Tous droits réservés

Au fil des auditions, les soupçons de la justice liégeoise se précisent dans le dossier Nethys. Ce que les policiers cherchent à établir, c’est une sorte de donnant-donnant entre Stéphane Moreau et François Fornieri.

Le souci, ce n’est pas que les indemnités de rétentions, octroyées au management pour éviter que le plafonnement salarial et décrété par le gouvernement wallon, ne soit considéré comme une rupture unilatérale de contrat. Et, qu’en vertu du droit du travail, cela n’entraîne d’énormes dédommagements. A l’époque, l’intercommunale Publifin souhaite garder les principaux directeurs de sa filiale. En réalité, les sommes peuvent paraître énormes, mais le principe n’est pas illégal. C’est la mise en application qui pose problème.

Don et contre-don ?

Le matin même où une réunion du comité de rémunération de Nethys avalise les indemnités de rétention, en compensation partielle des pertes de revenus, y compris des primes d’intéressement aux résultats, une deuxième séance, dans l’après-midi, distribue quand même les primes d’intéressement. C’est un premier cadeau à Stéphane Moreau et son entourage, qui se sont engagés à rester deux ans au service de Nethys.


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Mais quelque temps plus tard, les conventions sont modifiées : les intéressés promettent de rester non plus deux ans, mais "jusqu’à la vente de Voo", ce qui peut prendre plus de temps. Or, ce jour-là, une lettre est discrètement arrivée au siège social : la société américaine Providence signe une offre ferme, "liante", de rachat. Il suffit d’accepter, et l’affaire est conclue. Autrement dit, le délai de rétention est réduit à néant. Une curieuse générosité de la part du comité de rémunération.

François Fornieri le préside. Et, dans la foulée, il reçoit une faveur : il peut se porter acquéreur, pour une bouchée de pain, de deux filiales dont la société Elicio. Une contrepartie ? C’est ce qui sous-tend les mandats d’arrêt délivrés ce jeudi, et les interrogatoires en cours ce vendredi. Un échange de petits arrangements qui reste à confirmer…

Affaire Nethys: explication (JT 22/01/2021)

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