Aéroport de Liège : copinage et non-respect des marchés publics

Deux hommes sont dans le cockpit du management de Liège Airport : Luc Partoune, le CEO, et le vice-président commercial, Steven Verhasselt. Ce sont ces deux hommes clé qui ont, par exemple, négocié les gros contrats avec les russes de Airbridgecargo et les chinois d’Alibaba.

Hier soir, le conseil d’administration, après avoir entendu un résumé des éléments du rapport d’audit de Deloitte, a décidé de licencier l’administrateur délégué, Luc Partoune. "C’est l’accumulation d’éléments qui a dicté notre décision", nous confie un des administrateurs. Quarante-cinq points problématiques ont été épinglés dans la gestion de l’aéroport.

Le directeur commercial de Liège Airport chargé de l’Asie, Steven Verhasselt est également cité dans le rapport. L’homme est domicilié à Hong-Kong. L’analyse des frais de consultance a permis d’établir qu’il était également rémunéré via une société de management. Une situation qui questionne le décret wallon de bonne gouvernance. Ses rémunérations ont fait bondir certains administrateurs de l’aéroport.

Parmi les autres éléments troublants, il y a les contrats de consultance. L’ancien échevin socialiste de Blegny, Jean-Claude Phlypo, ancien patron des TEC wallons, est soupçonné d’avoir bénéficié d’un emploi fictif à l’aéroport. Un emploi pour lequel il aurait perçu 60.000 euros l’année, plusieurs autres éléments sont mis en exergue par le rapport d’audit de Deloitte.

Au-delà du cas personnel de l’ex-directeur général Luc Partoune licencié hier pour faute grave, au-delà du dossier de Jean-Claude Phlypo, ancien échevin socialiste de Blegny, ancien patron des TEC wallons, soupçonné d’avoir bénéficié d’un emploi fictif à l’aéroport, emploi pour lequel il aurait perçu 60.000 euros l’année, plusieurs autres éléments sont mis en exergue par le rapport d’audit de Deloitte.

Les auditeurs du bureau Deloitte se sont également intéressés aux conditions d’attribution de grands chantiers de l’aéroport. Au moins cinq dossiers ont été épinglés comme non conformes au respect des règles de marchés publics, notamment un contrat avec la société de construction WUST qui fait partie du groupe Besic. Des contrats qui s’élèvent à plusieurs dizaines de millions d’euros.

Que cache cette opacité dans l'attribution de certains marchés et de certains contrats ? En échange de quoi, certaines règles de bonne gouvernance auraient-elles été contournées voire piétinées ? C'est l'objet de la "mission Forensic" des auditeurs de Deloitte. Elle est cours depuis plusieurs mois pour faire la clarté dans les comptes et la gouvernance de l’ensemble des filiales de Nehtys.

Les derniers évènements à l’aéroport s’inscrivent donc cette mission de transparence. Le conseil d'administration s'apprête à transmettre les éléments Un énième rebondissement de la saga Nethys.

Sujet JT 10/02/2021

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