Action anti-publicité à Liège: cachez cette réclame que je ne saurais voir

Action anti-publicité à Liège: cachez cette réclame que je ne saurais voir
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Action anti-publicité à Liège: cachez cette réclame que je ne saurais voir - © Julien Bader - RTBF

Avez-vous le sentiment que la publicité est trop envahissante dans l'espace public? Certains, en tout cas, le pensent. Ce jeudi et ce vendredi, dans 53 villes de 10 pays, dont la Belgique, des militants passent à l'action pour dire non à la publicité dans les rues. C'était le cas tôt ce jeudi matin à Liège. Une trentaine d'activistes répondant à l'appel du mouvement Subvertisers International, âgé de 18 à 30 ans, ont déferlé au cœur de la Cité Ardente. 

"Ces pubs qui vont dans le cerveau sans l'autorisation"

"Ce sont plein de citoyens qui en ont marre d'être complètement asservis et d'avoir ces pubs qui vont dans le cerveau sans l'autorisation," explique l'un des membre du collectif "La publicité de rue, c'est la dernière qu'on ne peut pas stopper. Sur Internet, il y a des logiciels comme Adblock qui permettent de la bloquer. La télé on peut la couper. Mais la pub en rue, c'est le seul espace publicitaire qu'on est obligé de voir et de subir."

Il commence seulement à faire jour, les militants ont choisi d'agir aux aurores pour ne pas se faire remarquer. Munis d'affiches détournées, par groupes de trois, répartis dans différents quartiers de Liège, ils recouvrent des dizaines de publicités présentes en ville. 

Leur action est simple: ils ouvrent le mobilier urbain, comme les panneaux présents dans les arrêts de bus, avec des clefs spécifiques. Le matériel a été acheté sur Internet, sur des sites qui fournissent les militants du genre. Ils remplacent alors la publicité par des affiches aux slogans divers, comme celui-ci : "Ma ville, c'est pas une pub elle". Alors qu'ils sont encore en action, on aperçoit déjà les ouvriers de JCDecaux, l'entreprise qui fournit le mobilier urbain, qui œuvrent à effacer les traces de leur passage.

Ça ne me pose pas de problème d'aller enlever des pubs pour Proximus et de mettre de l'art à la place

Impossible, bien sûr, de passer à côté de la question de la légalité de cette action. Mais pour les membres du collectif, elle ne se pose que très peu. "Je ne sais pas si c'est légal, mais je pense qu'il y a une différence entre légal et éthique," nous confie cette jeune étudiante "Moi, ça ne me pose pas de problème d'aller enlever des pubs pour Proximus et de mettre de l'art à la place. Car on voit des pubs partout, elles nous incitent à consommer, à acheter des trucs dont on a pas besoin et à agir de manière nocive pour la planète et ses habitants."

Dans quelques heures déjà, ils ne restera plus rien des affiches placardées aux quatre coins de Liège. Les militants, eux, espèrent avoir pu faire réfléchir certains passants. Des passants qui signeront peut-être le manifeste mis en place par le collectif Liège sans pub. Il vise à d'empêcher que la ville de Liège ne renouvelle son contrat avec JCDecaux, jusqu'en 2032. Il doit se terminer en novembre prochain.

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