Accidents sur autoroute: le nouveau système allonge l'intervention des dépanneurs liégeois

Accidents sur autoroute: le nouveau système allonge l'intervention des dépanneurs liégeois
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Accidents sur autoroute: le nouveau système allonge l'intervention des dépanneurs liégeois - © Tous droits réservés

Sur les autoroutes wallonnes, les dépanneurs agréés doivent désormais baliser eux-mêmes la chaussée en cas d'accident ou de panne. C'est une des mesures prévue par le  Siabis+, un système mis en place à Namur et étendu dans toute la Région wallonne depuis début janvier. Avant, ce balisage était effectuée par la police. Le nouveau système est prévu au départ pour libérer les policiers de ce travail. Il vise un dépannage plus rapide et plus sécurisé.

Le temps d'intervention dépasse maintenant parfois l'heure

Avant, la police appelait directement le dépanneur. Maintenant, elle doit passer par l'assureur, un intermédiaire qui allonge le temps d'intervention. Et ce n'est pas tout. En province de Liège, le temps d'intervention était de 20 minutes maximum. Et ça fonctionnait. Lancé depuis deux semaines en région liégeoise, le nouveau système allonge les temps maximum d'intervention: 25 minutes pour le balisage et 40 pour le dépannage. Jean-Louis Testelmans est un petit dépanneur indépendant à Alleur: "avant, en 25 minutes, l'intervention était terminée pour le policier comme pour nous. maintenant, l'intervention peut durer jusqu'à une heure voire même plus. Et le policier reste quand même avec nous."

La grogne des petits dépanneurs

En province de Liège, une vingtaine de dépanneurs ont adhéré au système Siabis+. Ils ont dû investir dans du matériel pour intervenir sur l'autoroute. Parmi eux, des petits indépendants. Ils dénoncent des tarifs imposés trop bas mais aussi l'efficacité du système. "J'ai dû investir dans deux camionnettes de balisage. Coût: 14000 euros, chacune. En plus du matériel, il y a le coût du personnel: avant, je pouvait assurer une garde, seul. Maintenant, il faut deux personnes: une pour le balisage, l'autre pour le camion. Et puis il y a le tarif imposé: avant, ça rapportait 350 euros pour 10 kilomètres. Maintenant, c'est 150." Les petits dépanneurs pensent que le système sert surtout à diminuer les prix d'intervention et profite aux grosses sociétés de dépannage. Autre son de cloche chez Bayards, un gros dépanneur liégeois. Pour Damien Withers, "certains dépanneurs exerçaient des prix excessifs. il y a parfois de la mauvaise volonté chez certains. Il faut laisser le système faire ses preuves."

Les gens ne s'arrêtent pas avec nos feux orange

Et puis, il y a le problème de la sécurité. "On doit rester plus longtemps sur l'autoroute. On a des feux orange. La police avait des feux bleus. les gens ne s'arrêtent pas avec des feux orange. Avec les feux bleus, il faut déjà bien tout!" explique le petit dépanneur.  Au cabinet du ministre wallon Carlo Di Antonio, on reconnait quelques maladies de jeunesse au nouveau système encore en rodage. Une réunion est d'ailleurs prévue la semaine prochaine pour entendre les remarques des assureurs, de la police et des dépanneurs.

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