A Liège, le CHU organise des consultations pour les enfants transgenres

A Liège, le CHU organise des consultations pour les enfants transgenres
A Liège, le CHU organise des consultations pour les enfants transgenres - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Le CHU de Liège organise une consultation mixte de Pédopsychiatrie et Endocrinologie pédiatrique pour enfants transgenres. Cette consultation est unique en Belgique francophone. Elle a été créée fin 2019 sur le site des Bruyères au sein du Centre d’Accompagnement des Transidentités pour répondre aux demandes croissantes émanant de mineurs d’âges.

Une première en Belgique francophone

Depuis sa création, elle accueille des pré-adolescents et des adolescents essentiellement, mais aussi quelques enfants. Professeur Alain Malchair, pédopsychiatre: "On avait une demande et on souhaitait officialiser de façon rigoureuse ce type d'approche afin de protéger ces jeunes. Parfois, on peut être séduit par des facilités de prescription, que ce soit via internet ou via certaines associations activistes, mais nous, on a envie de faire ça de façon médicale, officielle, dans le cadre d'un CHU".

Il ne s'agit pas de psychiatriser la démarche. Il s'agit vraiment d'accompagner l'enfant

L'approche se fait en deux temps: "Le premier temps est une consultation conjointe avec le pédiatre, l'endocrinologue et moi-même" explique le pédopsychiatre. "Le deuxième temps est divisé. Il y a la dimension pédiatrique proprement dite et puis il y a moi alors qui fais l'accompagnement psy. Et j'insiste évidemment qu'il ne s'agit pas de psychiatriser la démarche. Il s'agit vraiment d'accompagner et de permettre une certaine maturation de la demande. Une fois que les choses ont suffisamment évolué, on se revoit, éventuellement en consultation conjointe, et puis alors on peut lancer éventuellement un traitement hormonal. On est dans une démarche de confrontation à la puberté, donc d'une hormonologie qui est en pleine mutation, et il faut donc être extrêmement prudent".

Un bilan positif après un an de fonctionnement

Et après une année de fonctionnement, le bilan est plutôt positif, comme le confie le professeur: "On a entre 40 et 50 suivis pour le moment avec des nouveaux tous les mois. Ce sont des jeunes dont les parents veulent vraiment faire les choses soigneusement. C'est-à-dire que les gens comprennent bien qu'ils ne vont pas sortir après la première consultation avec leur ordonnance d'hormones. Et ils intègrent l'aspect psy parce qu'ils ont vite compris que si on est là, si on prend le temps, ce n'est pas pour arriver à convaincre les gens que ce n'est pas une bonne idée, mais c'est pour accompagner et faire les choses sérieusement. Encore cette semaine, j'ai eu une jeune fille qui veut devenir un garçon et qui, tout d'un coup, freine au niveau des hormones. Les démarches pour faire le changement de prénom sont en cours, mais il y a tout d'un coup une inquiétude. Et bien ça, c'est un bon travail d'accompagnement. Le bilan que je tirerais, c'est vraiment que ce travail de maturation de la demande, c'est une garantie de succès. Donc le bilan, avec une population qui, au départ, vient chez nous parce qu'ils veulent réfléchir, c'est un bilan qui est vraiment positif pour moi".

 

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