À Liège, l'ORW organise le 1er Concours International de Chefs d'orchestre d'Opéra

C'est un événement d'envergure. L'Opéra Royal de Wallonie à Liège organise le premier Concours International de Chefs d'Orchestre d'Opéra. 43 candidats, sélectionnés parmi 144, tenteront de séduire et de convaincre un jury international composé de directeurs d'opéra, de journalistes, d'agents artistiques et bien-sûr de chefs d'orchestre.

Ceux-ci vont, durant toute cette semaine, découvrir ces jeunes talents venus du monde entier. Italie, France, Allemagne mais aussi Singapour, Japon, Russie en passant par le Brésil ou encore, les États-Unis.

"Je rêvais depuis de nombreuses années de mettre sur pied ce concours", explique Stefano Mazzonis Di Pralafera, directeur général de l'ORW. Je suis arrivé à Liège en 2007 et ce projet se concrétise enfin. Il m'a fallu dix ans, parce que ce concept est unique au monde, il a donc fallu tout inventer."

Des candidats et un jury sous pression

"Si les candidats sont stressés, nous le sommes tout autant", explique l'un des membres du jury, Paolo Arrivabeni. Nous avons, en tant que membre du jury, une grande responsabilité parce que nos choix vont peut-être déterminer la carrière d'un de ces candidats."

"Et nous avons peu de temps pour juger la qualité musicale, technique... dont ils vont faire preuve, commente encore ce chef d'orchestre de renommée internationale et ancien directeur musical de l'ORW. Pour rendre compte de la relation qui va s'établir entre ceux-ci et l'orchestre. Il faut d'ailleurs préciser que l'orchestre a le droit de voter. Il a droit à une voix. Une voix importante, car c'est l'orchestre qui est entre les mains du maestro."

Un concours dédié à l'opéra

Des concours de chefs d'orchestre, il y en a ailleurs, en Europe, aux États-Unis... mais pour des orchestres symphoniques.

La particularité de ce concours organisé par l'ORW est qu'il est dédié à l'opéra. "Le candidat doit non seulement pouvoir diriger l'orchestre", précise Paolo Arrivabeni, "mais aussi les Chœurs et la Maîtrise ainsi que de nombreux solistes c'est à dire, tout ce qui est nécessaire à un opéra lyrique".

Quarante-trois candidats dont trois candidates

Sophie Puirabaud, 33 ans, est une des rares femmes parmi les candidats. Chef d'orchestre, un métier d'hommes ?

"De moins en moins", répond la candidate française. "Je pense qu'il y a de plus en plus de femmes qui s'intéressent à la direction d'un orchestre et s'y autorisent."

Face à la complexité de l'exercice, la jeune femme a fait preuve de beaucoup d'assurance et de maîtrise lors de la direction de l'orchestre sur la partition de "La Flûte Enchantée" de Mozart.

"La grande difficulté, c'est qu'on arrive dans une salle qu'on ne connaît pas, dont on ne connaît pas l'acoustique et l'on doit diriger un orchestre que l'on découvre au moment de l'épreuve. Il faut être capable de s'adapter rapidement, garder son sang-froid, pouvoir prendre un minimum de plaisir en faisant abstraction du jury, durant les douze minutes qui nous sont imparties."

Après avoir pratiqué le piano et le violon, l'envie de diriger un orchestre s'est très vite imposée à Sophie Puirabaud qui a déjà de l'expérience en la matière.

À l'issue du concours, ce samedi 26 août, trois candidats seulement seront récompensés. Au programme de la finale : direction d'orchestre avec Solistes, Chœurs et maîtrise sur des extraits de "La Bohème" de Puccini", "Falstaff" de Verdi et "Carmen" de Bizet.

Le lauréat se verra invité à diriger une production d'opéra à l'Opéra Royal de Wallonie à Liège.

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