A la fin de 2016, toutes les eaux du Haut-Geer seront traitées, grâce au recours à un traitement biologique

Opération d'épandage sur la rivière
Opération d'épandage sur la rivière - © Contrat de rivière Meuse aval

Le Geer est sujet à un important envasement organique, en raison de sa faible pente et des rejets directs d'eaux usées. Idéalement, les eaux devraient être traitées en amont dans des stations d'épurations. Mais cette épuration n'est encore que partielle et elle va le rester dans les prochaines années. En attendant, une autre solution est appliquée sur le Haut-Geer: l'ensemencement de bactéries dans les égouts et directement dans la rivière. Le Haut-Geer est la partie de la rivière qui va de sa source de Lens-Saint-Servais, sur la commune de Geer, jusqu'à la frontière linguistique, là où il entre sur le territoire de Tongres. Une partie de ce tronçon est géré par la Province de Liège et l'autre par la Région Wallonne. Ce traitement biologique a débuté en 2004, à l'initiative de la commune de Geer et de la Province de Liège. Le Comité Local Geer du Contrat de rivière Meuse aval a encouragé son extension et assuré la liaison entre les différents partenaires. Sandra Godfroid est la coordinatrice du Comité Local Geer : " Au niveau d’une rivière, normalement il y a une dynamique naturelle qui permet de dégrader des matières. Ici, la quantité de matières organiques qu’elle reçoit est trop importante et donc on a avec un ensemencement en bactéries un apport de bactéries qui va permettre de dégrader cette matière organique. "

Le détail du traitement

Ce traitement a été mis au point et appliqué par la société bruxelloise Idrabel. Comment fonctionne-il ? Stéphane Bronchart du département technique d'Idrabel : " Le traitement bio se base, dans le cas du Geer, sur la réinstauration du système auto-épuratif de la rivière. Au niveau des réseaux d’égouts, on traite à partir des taques de départ, là on utilise un produit fin, qui va petit à petit coloniser tout le réseau d’égouts, permettre non seulement la dégradation des graisses, des dépôts organiques mais également traiter les matières en suspension au fur et à mesure de leur passage. Le rejet en rivière est exempt de matières en suspension après quelques mois de traitement. Dans un même temps, on va épandre du produit " grosse granulométrie " au niveau de la rivière en tant que telle. Il va se déposer sur la vase et là dégrader la matière organique. On peut aller en 18 mois jusqu’à plus de 50 pourcents de diminution de hauteur de vase."

Cette solution est moins coûteuse et moins invasive qu’un curage, explique Sandra Godfoid : " C’est moins cher de toutes façons et en plus le curage va provoquer une dégradation au niveau des berges, au niveau de l’écosystème, tandis qu’ici avec le traitement biologique on ne touche pas à cela. "

De bons résultats encourageant à étendre l'action

Après avoir été appliqué aux autres parties provinciales du Haut-Geer, le traitement vient de l'être à un premier tronçon dépendant de la Région avec de bons résultats. Sandra Godfroid : " D’abord une réduction des hauteurs de vase, plus ou moins d’une quarantaine de pourcents à une septantaine de pourcents de réduction de hauteur de vase. Le volume de vase qui est retiré, c’est un volume dégagé aussi pour l’eau et donc d’office on a un effet positif pour les débordements des cours d’eau. " "Si vous avez 10 centimètres de diminution de hauteur de vase", renchérit Stéphane Bronchart, "vous avez votre niveau d’eau par temps sec qui baisse également de 10 centimètres. La partie provinciale qu’on a traitée de 2004 à 2006, depuis qu’on a fait les traitements, il n’y a plus jamais eu de débordement, donc d’inondations, qui étaient quand même assez régulières avant. "

La coordinatrice du Comité Local Geer du Contrat de rivière Meuse aval conclut: "Maintenant, l’idée c’est, vu qu’on a eu des bons résultats ici dans la partie traitée, de pouvoir continuer dans la partie avale sur la commune d’Oreye et alors au final on aura l’ensemble de la partie Haut-Geer qui sera prise en charge en attendant les infrastructures. "

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