A l'athénée Liège 1, l'usage du smartphone interdit dans l'école dès septembre

A l'athénée Liège 1, l'usage du smartphone interdit dans l'école dès septembre
A l'athénée Liège 1, l'usage du smartphone interdit dans l'école dès septembre - © Tous droits réservés

A Liège, à la rentrée de septembre, les élèves de l’athénée Liège 1 ne pourront plus utiliser leur smartphone au sein de l’établissement. Une décision prise par la direction et l’association de parents. Pour les parents inquiets qui veulent garder le contact avec leur enfant, la direction rappelle dans un courrier qui leur est adressé, l’existence de GSM ordinaires.

Lutter contre le cyberharcèlement

Au-delà de l’addiction ou de la perte de lien social que peut provoquer l’usage du smartphone chez les ados, c’est surtout les cas de cyberharcèlement qui motivent cette interdiction. Le R.O.I. (Règlement d’Ordre Intérieur) de l’école sera modifié. En cas de non-respect de l’interdiction d’utilisation, le smartphone sera confisqué et remis ensuite, personnellement au parent de l’élève seulement à l’école. En Communauté française, les chefs d’établissements sont autonomes en matière de politique d’utilisation des GSM au sein de l’école.

"Une photo d’un enfant prise aux toilettes, par exemple"

Stefan Kazmierczak est le président de l’association de parents de l’athénée de Liège 1. Il soutient totalement l’interdiction de l’usage du smartphone à l’école pour lutter contre les cas de harcèlement. "Ce sont des enfants qui dans leur intimité, dans les toilettes par exemple, sont pris en photos. Ou des enfants qui se grattent dans le nez, font tomber leurs feuilles par terre… Tout est sujet à moquerie. Cet événement qui peut être anodin va être diffusé sur les réseaux sociaux. C’est la répétition de la moquerie, la répétition des commentaires qui peuvent poser problème."

Une interdiction injuste et inefficace pour Chiara, 14 ans

Chiara a 14 ans. Elève de troisième année à l’athénée, elle trouve l’interdiction injuste : "c’est déjà interdit dans l’enceinte de l’école mais pas dans la cour. Je ne vois pas le mal qu’on fait en l’utilisant dans la cour. Vu que c’est souvent pour prendre des photos entre amis ou écouter de la musique quand on s’ennuie." Chiara reconnaît qu’il y a un phénomène de harcèlement mais le fait d’interdire le smartphone dans l’école, pour elle, ne changera pas le problème. "Si on nous harcèle dans une autre école, si on publie des choses sur Instagram etc., on ne sera pas au courant. On le saura seulement quand on sera rentré à la maison. Le phénomène aura peut-être empiré. Tandis qu’à l’école, on peut lutter contre notre harceleur : on peut demander des renforts en faisant des groupes dans la vraie vie à l’école. C’est plus facile de lutter quand on a un téléphone et un groupe d’amis autour de nous que quand on est tout seul à la maison."

Depuis 2 ans, l’interdiction au collège Saint-Servais améliore le lien social

En région liégeoise, Liège 1 n’est pas le seul établissement à interdire le smartphone. A Saint-Servais par exemple, cela existe depuis deux ans. Avec pour résultat, une amélioration du lien social, selon la direction. Sur les 1600 élèves, l’école annonce une dizaine de confiscations de smartphones par semaine. Michel Ruisseau, le directeur du Collège: "Cela peut paraître beaucoup, mais au départ, c'était beaucoup plus que cela. Bien sûr, il y a des irréductibles. Nous, en tout cas, le principe, c'est que nous ne fonctionnons pas avec le GSM dans l'école, avec comme seul but de rétablir du lien social".

Au bout d'un an, l'école a évalué cette interdiction. Et un accommodement a été fait, à la demande des rhétos: "Ils nous ont dit, nous, on a besoin d'aller chercher de la documentation pour certains travaux, certains ont besoin d'étudier avec la musique. On a donc dialogué avec eux, ils ont rédigé cette convention, et je dois dire qu'ils la respectent".

Malgré les réticences au départ, le directeur du Collège n'en tire aujourd'hui que du positif: "Avant tout, c'est le fait que les élèves se parlent davantage que par le passé. Je pense que si nous avons amené cette interdiction dans l'école, c'est parce que parents, élèves, enseignants, tout comme la direction ont constaté que de plus en plus de jeunes étaient constamment sur leurs GSM au sein de l'école. Nous souhaitions faire en sorte que les élèves puissent se parler entre eux. C'est quand même l'objectif d'une cour de récréation. Par exemple que les élèves puissent se rencontrer sur cette cour de récréation. Or, nous constations tout à fait le contraire: des étudiants assis sur des bancs en train de pianoter sur leurs GSM et en train de parler à d'autres personnes à l'extérieur de l'école. C'était un non-sens. Aujourd'hui, le bilan est positif. On ne regrette pas du tout cette décision".

Et en France, l’interdiction a été généralisée de la maternelle au collège depuis 2018 par le gouvernement Macron.

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