A l'arsenal de Rocourt, une "maquette" du futur avion de l'armée belge

La répolique, grandeur nature, de la structure intérieure de l'A400M
2 images
La répolique, grandeur nature, de la structure intérieure de l'A400M - © Michel Gretry

Les mordus d'aéromodélisme vont être déçus: en langage militaire, une maquette d'avion, un MockUp, ça ressemble à tout sauf à un avion. C'est une réplique, grandeur nature, de la structure, de l'intérieur d'un engin. Le but, c'est de permettre aux soldats de s'entraîner, de se familiariser à un nouvel environnement, sans immobiliser un engin au sol.

Il a fallu près de cinq ans, plus de dix mille heures de travail, au personnel de la caserne de Rocourt, le "centre de compétences pour le matériel roulant et l'armement", pour concevoir puis fabriquer le MockUp du futur appareil A400M, qui, dans deux ans, est appeler à remplacer les vieux C130 pour le transport de troupes.

Anneaux d'arimage, rampe d'accès, rouleaux de largage

Les utilisations de l'A400M sont multiples: il peut embarquer des blindés, des hélicoptères, des conteneurs ou des palettes à parachuter. Mais comment optimaliser l'occupation de la volumétrie, comment agencer ces chargements ? Il faut s'exercer pendant des heures pour acquérir des automatismes.... Comme l'explique le capitaine commandant Miguel Haro Rodriguez, "le fabriquant, Airbus, fournit des MockUp qui coûtent entre cinq et dix millions; le nôtre, qui ne dispose évidemment pas de toutes  les fonctionnalités, électroniques par exemple, revient à un prix entre dix et quinze fois moindre, et il représente une bonne base de préparation pour l'armée belge".

Une certaine aléseuse fraiseuse

Il a fallu adapter treuils et palans. Il a fallu prévoir des lumières qui puisse simuler l'éclairage tactique en vol. C'est la compétence du personnel qui a permis cette réalisation; c'est également la présence, sur le site, de la fameuse machine Pégard, une aléseuse fraiseuse qui a défrayé la chronique à la fin de la guerre froide: commandée par les soviétiques, elle a été interdite à l'exportation, juste avant la livraison, suite à des pressions américaines. Elle a fini par être vendue à la Défense Nationale, et être installée à Rocourt, sans que personne ne sache vraiment, à l'époque, à quoi elle pourrait servir. La réponse est à présent connue: sans elle, le MockUp A400M n'aurait pas été réalisable....

Une réorganisation, et... des pertes d'emplois

Il faut dire que l'arsenal de Rocourt a intérêt à montrer son savoir-faire. L'armée a décidé de s'infliger une sérieuse cure d'amaigrissement. Et elle va se traduire par des réductions d'effectifs. Sur sept cents membres du personnels, trois cents vont partir, endéans les trois ans, sans être remplacés. Pas de licenciements secs, donc, juste des départs "naturels". Mais pour le colonel Christophe Bruyère, qui dirige l'unité, "l'essentiel, c'est que Rocourt n'est pas menacé: l'avenir est garanti; nous allons recourir à la sous-traitance, à la sous-traitance locale, ce qui constitue une bonne nouvelle pour le bassin industriel liégeois. Nous allons nous concentrer sur la maintenance et les essais d'armement. Et même si nous pouvons déplorer que cette réorganisation entraîne temporairement une baisse du niveau moyen d'expertise, nous avons été retenus comme unité pilote pour le développement de l'impression 3D, qui devrait prendre de l'importance, dans le futur...."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK