A 25 ans, Mathieu Guitoun se lance dans la fabrication artisanale de la brique de Hesbaye

La brique de Hesbaye, le fruit du travail de Mathieu Guitoun, jeune entrepreneur dynamique.
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La brique de Hesbaye, le fruit du travail de Mathieu Guitoun, jeune entrepreneur dynamique. - © RTBF Marc Mélon

Mathieu Guitoun est un jeune entrepreneur. A 25 ans, il a décidé de devenir briquetier. Sa production est artisanale, celle d'une brique comme on la faisait jadis dans nos campagnes, la brique de Hesbaye.

Un rêve se réalise

A 25 ans, Mathieu Guitoun réalise son rêve, celui de travailler dans le secteur de la construction aux côtés de son père qui s'est spécialisé dans la rénovation de bâtiments anciens.  Il utilise un produit du terroir: la brique de Hesbaye. "C'est une brique 100% terre cuite.  C'est un produit du terroir car dans le temps, ils utilisaient la terre de terrassement pour fabriquer ces briques.  Cette brique a un potentiel au niveau de l'absorption de l'humidité, de la résistance, de l'aspect.  Certains bâtiments, comme celui-ci, à Jeneffe où nous travaillons, par exemple, datant d'avant 1800, prouvent qu'elle vieillit très bien", explique Khalile Guitoun, le père de Mathieu.

La brique de récupération devient rare et couteuse

Pour transformer les bâtiments, l'entreprise familiale achetait des lots de briques de récupération.  "Elles ont tendance à se raréfier, les prix ont donc eu tendance à flamber. Et lorsqu'on achetait plusieurs palettes, dans le lot, on constatait qu'au coeur de la palette, les briques étaient soient des morceaux qu'on ne savait pas réemployer, soit elles étaient mal cuites.  Donc, là, c'était un problème qualitatif".  De là est donc venue l'idée à Mathieu d'essayer d'en faire soi-même en respectant les traditions.

Le site de production est à Riemst

Mathieu est très débrouillard.  Il est parfait bilingue.  Son diplôme de comptable en poche, il a visité des briqueteries et a acheté une machine pour produire ses propres briques.  Depuis quelques mois, il s'est installé à Riemst où sa matière première est la terre de Hesbaye évidemment. "A partir du moment où la brique est pressée, on va la faire sécher de manière naturelle, à l'air libre dans les hangars.  Une fois que la brique est séchée, elle va être mise sur palette réfractaire pour être enfournée. Selon les saisons, ça varie entre quatre et huit semaines.  La cuisson se fait sur une durée de deux semaines.  Pendant ces deux semaines, on va atteindre un pic de 1080, 1100 degrés et puis on redescendra de manière contrôlée jusqu'à obtenir le produit fini", explique-t-il.

La demande est forte, le succès assuré

Nous avons rencontré Guy Bourguignon, architecte à Geer.  Pour cet architecte habitué à transformer d'anciens bâtiments, la brique de Hesbaye va connaître un nouveau départ avec cette initiative industrielle: "C'est un bon produit qui, à mon avis, va apporter quelque chose à toutes les rénovations qu'on pourra faire dans le futur.  Il faut voir au niveau marketing comment ça va être développé, quelle sera la demande, quelle sera la concurrence des gros groupes en fonction du prix de vente de la brique, mais je pense que c'est une brique qui va avoir du succès".

Moins d'un euro

En fonction du format et du modèle, le prix de la brique de Hesbaye se situe entre 45 et 70 centimes.

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