600 élèves et enseignants à Saint-Georges-sur-Meuse pour soutenir une famille géorgienne

Ils étaient 600 à défiler dans les rues de Saint-Georges pour apporter leur soutien à la famille Khulelidze
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Ils étaient 600 à défiler dans les rues de Saint-Georges pour apporter leur soutien à la famille Khulelidze - © RTBF - Olivier Thunus

La mobilisation se poursuit à Saint-Georges-sur-Meuse pour tenter d’empêcher l’expulsion vers la Géorgie, une république du Caucase, d’une famille implantée dans la localité depuis 13 ans.

Elèves et professeurs de l’Athénée royal Agri de Saint-Georges ont organisé une marche ce jeudi pour témoigner de leur soutien à cette famille et en particulier aux deux adolescents scolarisés dans cette école.

C’est au cri de "Rébellion, non à l’expulsion" que 600 élèves et professeurs de cet Athénée royal ainsi que de son implantation hutoise ont défilé pour soutenir Beka, 18 ans, et Zezva, 16 ans. Dans la tête des participants, beaucoup d’incompréhension.

Pour moi, c’est quelqu’un d’ici. Il n’y a pas de Géorgie ou d’autre pays. Le garçon, je le connais depuis tellement d’années maintenant qu’il fait partie de nous ", explique Victor. " Ça reste des enfants intégrés qui ont vraiment la volonté d’avancer et d’accomplir de belles choses, donc pour moi c’est un genre de crime de les expulser ", dénonce Mendy. " Beka a participé à un projet pour être guide en histoire. On a des panneaux de lui qui parlent d’Anne Frank par exemple. Ça fait tellement longtemps qu’ils sont là alors pourquoi les renvoyer dans un endroit qu’ils ne connaissent pas ? ", s’interroge Marie. " Ils m’ont vraiment beaucoup apporté et ils m’ont beaucoup appris aussi, et je ne peux pas comprendre comment on peut les enlever à un pays où ils ont quasi passé toute leur vie ", regrette Jordan.

Pour les enseignants, il s’agissait aussi de défendre des valeurs. " Il était important que nous puissions défendre des valeurs et donc défendre ces élèves c’était défendre nos valeurs ", confirme Isabelle Musick, directrice de l’athénée. Même mobilisation pour sa directrice adjointe, Stéphanie Luycks, impressionnée ses élèves : " Je trouve ça vraiment étonnant de voir cette mobilisation, avec ces créations de t-shirts et de slogans, et donc on voit aujourd’hui vraiment qu’ils sont responsables et qu’ils prennent les choses à cœur ".

Au premier rang de la manifestation, Beka Khulelidze, touché par ce soutien : " Merci pour la solidarité. Merci à tout le monde d’être présents aujourd’hui. Il y a même des gens que je ne connais pas qui sont là. Je tiens à vous remercier ".

Un recours va être introduit par la famille géorgienne contre la décision de l’Office des Etrangers. Tant que des recours existent, la famille ne peut en principe pas être expulsée.