340 armes saisies en moins de deux ans, au Palais de justice de Liège

340 armes saisies en moins de deux ans, au Palais de justice de Liège
340 armes saisies en moins de deux ans, au Palais de justice de Liège - © RTBF

En moins de deux ans, plus de 340 armes ont été saisies à l’entrée du palais de justice de Liège. Début février 2018, un dispositif de contrôle a en effet été instauré à l’entrée du bâtiment principal : un portique de sécurité et des fouilles par des vigiles. Le prix à payer : des files parfois longues le matin, à l’entrée du bâtiment.

Une arme par jour ouvrable en octobre

"Sur le mois d’octobre 2019, on a découvert 20 armes. C’est à peu près une par jour ouvrable", souligne Damien Leboutte, procureur de division de Liège. Parmi ces armes prohibées, on peut citer "des couteaux, des bombes flash, des coups-de-poing américains, des couteaux cachés dans des cartes types cartes bancaires… C’est interpellant." Bien évidemment, les porteurs de ces armes n’avaient pas tous des intentions malveillantes. Un moment de distraction, un couteau suisse oublié au fond d’un sac à main et vous voilà vous aussi détenteur d’une "arme prohibée". Mais pour Damien Leboutte, mieux vaut jouer la carte de la prudence. "Un lieu de justice est toujours un lieu de tensions. Quand vous avez une arme sur vous et que la tension monte, ça peut être tentant de l’utiliser".

Des files à l’extérieur du bâtiment

Revers de la médaille : certains matins c’est un peu la cohue dans le hall du palais de justice de Liège. "Il y a des jours où ça pose problème, dans la mesure où l’on peut avoir des files qui se prolongent parfois à l’extérieur du bâtiment", confirme Damien Leboutte. "Ça peut créer un retard au début de l’audience. C’est la raison pour laquelle on demande maintenant dans nos convocations aux personnes de se présenter à 8h30. Ça marche plutôt bien."

Au départ fouillés eux aussi, les avocats ont finalement été dispensés de ce contrôle. Ils ont malgré tout dû s’adapter. "On demande à nos clients de venir bien à temps", raconte Alexandre Bucco, avocat, pour qui "les problèmes ne sont pas très fréquents". Cet avocat l’assure, il n’est pas de nature inquiète et ne se sent donc pas spécialement rassuré par ces contrôles de sécurité, mais il s’est fait une raison. "On nous l’impose, donc il faut faire avec", conclut-il.

D’autres habitués des tribunaux se montrent néanmoins plus critiques. Pour eux ces mesures de sécurité manquent de cohérence. Si les visiteurs de l’aile principale du palais de justice sont fouillés, ce n’est ni le cas dans "l’ancien" palais de justice, ni dans son annexe sud.

Prise en 2018 par le SPF justice, ces portiques de sécurité concernent les palais de justice de quatre autres villes belges : Bruxelles, Gand, Anvers et Charleroi.

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