216 emplois menacés chez Munters, à Dison

216 emplois menacés chez Munters, à Dison
216 emplois menacés chez Munters, à Dison - © Tous droits réservés

L'entreprise Munters, à Dison, va fermer fin septembre. 216 personnes vont y perdre leur emploi. L'annonce en a été faite mardi soir lors d'un conseil d'entreprise. Cette société fabrique des systèmes de refroidissement pour les salles d'ordinateur et des systèmes de traitement de l'air.

Munters à Dison, c'est une filiale d'une grosse multinationale détenue en bonne partie par le fond de pension suédois Nordic Capital, un groupe présent dans une trentaine de pays et employant 3.800 personnes.

Un groupe qui veut donc se séparer de 161 ouvriers et 55 employés à Dison.

Depuis 2018, l'usine Disonaise était en perte mais les syndicats ne s'attendaient pas à une fermeture : " Nous avions en tête qu’il y aurait une restructuration, vu que les chiffres n’étaient pas très bons, mais on ne s’attendait pas à la fermeture. On a été vraiment ‘maqué’. On l’attribue à des pertes d’argent d’année en année, et par des refus de commande pour 2019 suite à un bureau d’étude du groupe qui calcule les commandes à risque, et qui a estimé que les commandes que nous avons sont à risque. Donc ils n’ont pas pris les commandes. On est bien conscient qu’il y a des pertes, mais nous dénonçons depuis longtemps que nous allons droit dans le mur. Nous avons eu des grosses commandes et la direction s’est un peu perdue dans le prix des commande ", estime Jean-Luc Dahmen, délégué FGTB.

Pour le personnel, l'annonce a été un choc, d'autant que Munters avait bénéficié d'un très gros contrat en 2016. Cette année-là, Munters avait signé un gros contrat avec Facebook. 24 millions d'euros pour une centaine de blocs de refroidissement pour ses data center, ses salles d'ordinateurs. Des dizaines de collaborateurs avait été engagés et la petite société était d'un coup devenue grande. Trop vite sans doute, d'autant que les finances n'étaient pas bonnes, regrettent les syndicats.

Pour 2018, les pertes sont estimées à cinq millions d’euros et si nous continuions en 2019, c’était un peu pareil, donc ils ont préféré mettre la clé sous le paillasson. Notre produit était excellent mais nous n’arrivions plus à avoir une marge bénéficiaire parce que l’usine a grandit trop vite et le management n’a pas suivi ", affirme Miguel Gereduz, délégué CSC.

Malgré la grosse commande

Au terme de la commande Facebook, le travail n'était plus aussi important. Certains dans l'entreprise reconnaissent que la prospection des petits clients a probablement été négligée dans ce cadre.

Quant à la direction locale, elle avance aussi une volonté du groupe de se retirer du marché des data center en Europe : " La raison c’est une très forte pression sur les prix dans un marché où la concurrence est de plus en plus nombreuse et agressive. On ne parle donc pas d’une délocalisation de production vers des pays à bas coût de main d’œuvre mais bien d’un objectif du groupe de se retirer du marché en Europe. Ça a comme conséquence directe l’arrêt des activités sur le site de Dison, qui est le seul site européen de production des machines pour les data center. Quant au contrat Facebook, il est terminé et il a démontré au niveau du groupe qu’effectivement nous n’étions pas capables de dégager de la profitabilité dans ce marché-là ", précise Michel Falcone, directeur du site.

Personnel choqué

Le personnel, lui, est sous le choc mais reste stoïque. " On doit essayer de prendre ça comme un nouveau départ mais les travailleurs sont quand même accablés et ne voient pas très clairs dans leur avenir parce que les échéances sont là, que les factures sont à payer et que le marché de l’emploi n’aide pas des masses ", explique Frédéric.

Je ne m’attendais pas du tout à cette fermeture. Je suis dégoûté. A l’heure actuelle, pour retrouver un emploi quelque part, c’est difficile. Il y avait beaucoup de chômage économique. On a commencé à chômer à partir d’octobre dernier. Quant à une reprise, j’aimerais bien y croire mais je pense qu’il n’y en aura pas ", complète Christophe Duvivier.

Le personnel compte bien reprendre le travail ce jeudi, au terme de la grève nationale et dans l'attente de l'entame des négociations sociales. Une première réunion de concertation dans le cadre du plan Renault est prévue le 26 février.

 

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