Vote des étrangers aux élections communales: "Une fierté de pouvoir se faire entendre"

Pour glisser un bulletin dans l'urne le 14 octobre, les étrangers de Belgique doivent s'inscrire avant le 31 juillet.
Pour glisser un bulletin dans l'urne le 14 octobre, les étrangers de Belgique doivent s'inscrire avant le 31 juillet. - © BELGA PHOTO BAS BOGAERTS

Le 14 octobre prochain, les Belges ont rendez-vous dans l'isoloir pour élire ceux qui dirigeront leur commune. Une élection ouverte aux étrangers qui vivent chez nous: un droit accordé depuis 2000 aux Européens, depuis 2006 aux ressortissants des pays situés en dehors de l'Union.

Pour pouvoir voter aux élections, ces étrangers doivent cependant répondre à plusieurs conditions : avoir 18 ans le jour de l'élection et jouir de leurs droits civiques et politiques. Les non-Européens doivent également démontrer qu'ils vivent depuis 5 ans sans interruption en Belgique. Ils doivent ensuite accomplir une ultime démarche : s'inscrire sur les listes d'électeurs.

Des inscriptions... et des désinscriptions

Selon les communes, ces inscriptions ont plus ou moins de succès. A Colfontaine, près des 50% des électeurs étrangers potentiels ont fait cette démarche, selon les statistiques du SPF. Mais la commune du Borinage fait presque figure d'exception dans le Hainaut. Dans des villes comme Mons et Tournai, on arrive à peine à 20% d'inscription. A Mouscron, c'est encore moins que ça. Le service population de la cité des Hurlus compte actuellement une centaine d'inscriptions d'étrangers en moins par rapport à 2012. Depuis le dernier scrutin communal, la Commune a même enregistré une trentaine de désinscriptions des listes, nous y indique-t-on.

"On leur montre comment ça se passe le jour de l'élection"

Au Centre régional pour l'intégration des personnes étrangères de Mons (CIMB), on organise des séances d'informations à destination de ce public. "Le plus important lors de ces séances, c'est de démystifier les élections, indique Hélène Blondeau. On leur montre comment ça se passe le jour de l'élection, à quoi ressemble un bulletin de vote. Mais également comment voter correctement, sans faire un bulletin nul." 

La Wallonie et certaines communes ont également lancé une campagne à destination de ces étrangers en droit de voter. Une campagne qui permet parfois de convaincre. Tyle, un Camerounais qui habite Mons, a en tout cas décidé de s'inscrire après avoir reçu un courrier dans sa boîte aux lettres. "Ce n'est que quand j'ai reçu cette lettre que j'ai appris que j'avais le droit de voter aux Communales, explique-t-il.  Je n'ai pas hésité longtemps. C'est une fierté de pouvoir se faire entendre en soutenant un candidat dont on partage les valeurs."

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