Viva for Life: "Le secteur associatif doit pallier les carences de l'Etat"

L’opération de solidarité Viva for Life a entamé ce mercredi sa dernière journée. Le programme vise à lutter contre la précarité des enfants. Il s’agit d’un phénomène souvent invisible que peut facilement décrire Pierre-André Hallet. En tant que juge de la jeunesse à Charleroi, il voit au quotidien des situations de grande pauvreté. Et il est d'ailleurs souvent amené à extraire des enfants de leur milieu familial. Dans la majorité des cas, c'est cette même pauvreté qui est à l'origine des problèmes.

Le phénomène est particulièrement difficile à détecter malgré les structures d'aide. Et le constat de Pierre-André Hallet est sans appel : " Nous trouvons encore, dans certains lieux de grandes villes, comme Charleroi et Liège mais aussi à la campagne, des poches de grande pauvreté. C’est vraiment parfois par le plus grand des hasards que des enfants se trouvent dans une situation de précarité inouïe. Quand je dis inouïe, c’est tout simplement qu’ils n’ont pas de lit, qu’ils n’ont pas de quoi être nourris, ils n’ont pas de toit. C’est de ça dont il s’agit."

"Des pauvretés sévères qui ne sont pas révèlées"
"On ne parle pas de pauvretés légères, on parle de pauvretés sévères qui ne sont pas révélées malgré le tissu social qui est important. précise-t-il. C’est ça qui est vraiment très surprenant. Je pense que cette grande pauvreté engendre une désocialisation, une déscolarisation. Donc ce sont des gens qui sont en dehors des circuits de la sécurité sociale. Et nous les découvrons au hasard très souvent. Et c’est à ce moment-là que l’on peut commencer à intervenir. En 2015, bientôt en 2016, en Belgique, c’est tout à fait anormal. Et malheureusement devoir passer par des secteurs associatifs pour pallier les carences de l’Etat, c’est pour moi tout à fait scandaleux. "

En attendant, des opérations comme Viva for Life essaient néanmoins d’apporter quelques solutions aux problèmes les plus flagrants. Ce mercredi soir, la semaine de solidarité se termine et on saura, sur le coup de 20 heures, à combien se chiffrera, en euros, la solidarité des auditeurs de la radio VivaCité et de tous ceux qui veulent faire en sorte que la pauvreté des enfants régresse chez nous.

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