Visite dans les entrailles de l'abattoir d'Ath, pour soutenir les structures de proximité

Les abattoirs communaux se lancent ainsi dans une opération de communication, pour montrer qu’il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier.
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Les abattoirs communaux se lancent ainsi dans une opération de communication, pour montrer qu’il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier. - © Tous droits réservés

L’abattoir communal d’Ath a ouvert ses portes ce lundi aux politiques et aux acteurs du secteur de la filière de la viande, de l’éleveur au boucher. A la base de cette journée : la Fédération unie de groupements d’éleveurs et d’agriculteurs (Fugea), l’abattoir communal d’Ath et la coopérative agricole Coprosain. Leur idée : soutenir les petites structures de proximité.

"Avec cette visite, nous voulons remettre l’église au milieu du village", lance Gwenaëlle Martin, coordinatrice politique de la Fugea.

Les scandales à répétition qui ont frappé le secteur de la viande et surtout ses grandes entreprises, dont Veviba plus récemment, ont également touché les petites structures. "L’image du secteur de la viande et des abattoirs en particulier est très négative", concède Jean Baligant, directeur de l’abattoir communal d’Ath. "Le dernier scandale en date a encore renforcé cette image négative et donc, je pense que les acteurs du secteur doivent communiquer, qu’il y a un devoir de transparence."

Les abattoirs communaux – il reste quatre abattoirs communaux en Wallonie – se lancent ainsi dans une opération de communication. Une opération de charm visant à montrer qu’il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier.

Et pourtant, les contrôles de l’Afsca se durcissent et se multiplient. Ce qui touche tout le monde. "Le scandale Veviba a renforcé les contrôles de l’Afsca. Nous devenons en quelque sorte des victimes collatérales", lâche Jean Baligant.

A côté de l’abattoir communal d’Ath, se trouve la coopérative agricole Coprosain, où l’on découpe la viande et où l’on la prépare. "Nous aussi, nous voyons les contrôles Afsca augmenter. Nous passons de treize contrôles par an à dix-sept. C’est la conséquence du scandale Vebiba. Je ne vais pas dire que l’on se trompe de cible mais bon quand même...", soupire Paul Vankeerberghen, directeur de Coprosain. "Une fois de plus, c’est sur les petits circuits, sur les artisans que cela va retomber alors que les grandes entreprises vont continuer leur système d’auto-contrôle."

Un agriculteur qui parle avec les tripes

Des élus locaux, des députés wallons ont assisté à la visite de l’abattoir d’Ath. Des agriculteurs également, dont Olivier Druart, de Brain-le-Comte. "Quand nous voyons dans certains grands abattoirs, comme j’ai vu certaines images à la télévision, des cas de maltraitance animale, je suis choqué. Si je suis éleveur, c’est parce que j’aime mes animaux. Il faut le faire comprendre aux consommateurs. Voir que les animaux que l’on a choyé, que l’on a nourri, être maltraités, c’est pour nous, éleveurs, inadmissibles. Ça l’est aussi pour les consommateurs bien sûr. Et donc, nous voulons voir comment cela se passe, pouvoir rentrer dans un abattoir. Et au lieu d’avoir un abattoir, privé, où l’on ne voit jamais rien, ici, dans un abattoir communal, une structure publique, on peut rentrer, on peut voir que les animaux sont mis à mort proprement. C’est ce que le consommateur et l’éleveur veulent. Et puis, nous avons la garantie d’une traçabilité totale."

Les acteurs du monde de l’abattoir et des acteurs en aval veulent ainsi interpeller le monde politique, et obtenir un soutien, peut-être financier. En attendant, l’abattoir communal d’Ath (15 emplois directs et plus de 80 emplois indirects) songe à revoir son modèle économique, notamment en misant un peu plus encore sur les circuits courts et sur les produits de haute qualité.

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