Victime d'un viol: pourquoi ne pas porter plainte plus tôt?

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Illustration - © pixabay creative commons

Nous avons rencontré des victimes montoises de viols dans les locaux de l'ASBL Brise le Silence. Une ASBL qui aide les victimes d'abus sexuels sur le plan psychologique et médical. Des activités sont aussi organisées pour retrouver le goût de la vie. 

Alice, Françoise et Ingrid ont bien voulu témoigner. Alice et Françoise ont une chose en commun. Elles ont été violées alors qu'elles étaient mineures. Mais elles n'ont jamais pu porter plainte. Car la plainte est arrivée quand le délai de prescription était dépassé. 20 ans après pour Alice. 34 ans après pour Françoise. Mais pourquoi ne pas avoir porté plainte plus tôt ? Comme par exemple Ingrid qui elle a pu coincer son agresseur, puni par la justice. 

Amnésie traumatique 

A l'âge de 9 ans, Alice a été violée à plusieurs reprises par le fils de sa belle-mère. Ça a duré plus d'un an. Un week-end sur deux. Pour éviter de souffrir, Alice se cachait la réalité : "Je partais dans un monde imaginaire. Ce monde imaginaire, c'était celui d'Alice au pays des merveilles. Je partais dans ce monde là pour voir des belles choses et non pas ce qu'il me faisait subir".   

Un mécanisme de défense qui provoque une amnésie traumatique. Une amnésie qui peut durer des années... D'après la psychologue Eleyy Lamberti, c'est une manière de se protéger : "La violence est tellement difficile à accepter, à vivre, à subir que oublier c'est une manière de survivre". 

Les souvenirs remontent à la surface

Mais le viol peut revenir à la mémoire des victimes. C'est ce qui est arrivé à Françoise. Ne se sentant pas bien, le corps tendu, elle est allée chez l'ostéopathe, 34 ans après avoir été abusée sexuellement. "Cet ostéopathe, en me manipulant m'a posé des questions. Il m'a demandé : 'Est-ce que vous avez eu dans votre vie un traumatisme' ? Au moment où il m'a posé cette question, j'ai eu des flashs très clairs de ce qui s'était passé." 

Seulement 34 ans après les faits, le délai de prescription est dépassé. Impossible pour Françoise de porter plainte contre son violeur. Même chose pour Alice, 20 ans après les faits. L'ASBL Brise le Silence lutte d'ailleurs pour supprimer ce délai de prescription. 

Ce mercredi 5 décembre, sur la Une télé, l'émission Devoir d'enquête revient sur le violeur de la Sambre. Dino Scala a avoué avoir violé 44 femmes entre 1988 et 2018. C'est parce qu'il a commis des abus sexuels récemment que les victimes d'il y a 30 ans peuvent le voir jugé.

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