Vague de licenciements chez Ryanair : l'aéroport de Charleroi pourrait-il le payer cher ?

La situation est de plus en plus inquiétante chez Ryanair. La compagnie aérienne irlandaise a fait savoir, ce lundi, qu’elle revoyait à la hausse les licenciements prévus en Belgique, notamment parmi le personnel de cabine. Conséquence : ce ne sont plus 106 emplois qui sont menacés mais bien 200. Et à cela s’ajoute aussi, chez nous, le licenciement de 66 pilotes de la compagnie.

C’est la troisième fois que la direction de Ryanair annonce des suppressions d’emplois à chaque fois plus élevées. On est passé de 80 postes de personnel de cabine supprimés en juillet à 106 annoncés en septembre. Puis, finalement ce lundi 19 octobre 2020, ce sont 200 postes d’hôtesses et stewards qui sont menacés.


Est-il dès lors possible que Ryanair envisage de quitter l’aéroport de Charleroi ? La question mérite d’être posée depuis que la compagnie low-cost irlandaise a annoncé vouloir finalement se séparer de la moitié de son personnel en Belgique.

Rappelons que la compagnie irlandaise a sensiblement réduit ses vols pour cet hiver et tournera en Europe à 40% de sa capacité. De là à dire que Ryanair pourrait quitter Charleroi, il y a cependant une marge. Le problème c’est que Ryanair demande encore et toujours des rabais pour faire atterrir et décoller ses avions. Et la compagnie menace régulièrement de fermer une  base si elle n’obtient pas gain de cause. Le problème, selon Alain Goelens du Setca, c’est que l’aéroport de Charleroi n’a pas de marge de manœuvre : "Ryanair a fait, dans le courant du mois de juin, ce chantage à tous les aéroports où ils sont présents en demandant, purement et simplement dans certains cas, l’annulation de toutes taxes aéroportuaires. Et évidemment, je ne connais pas un aéroport qui a dit oui. Manifestement, d’après les informations que nous avons, la redevance payée actuellement par Ryanair est en-dessous du coût réel de l’aéroport. Il y a eu un audit qui a révélé ça et donc il va falloir évidemment, à un moment ou à un autre, que les choses soient au moins bien payées. Pas nécessairement plus payées mais mieux payées, raisonnablement payées."

Ryanair a, par exemple, quitté Düsseldorf parce que l’aéroport allemand refusait de baisser ses tarifs. La chance de Charleroi c’est qu’il s’agit d’une base importante et vitale pour la compagnie. En même temps, si la compagnie licencie de nombreux pilotes, il y aura un problème. Mais il semblerait qu’un accord serait sur le point d’être trouvé et qu’on s’orienterait plutôt vers une baisse généralisée des salaires comme l’explique Yves Lambot permanent CNE : "Il n’y aurait donc pas de licenciements. Cela dit, on voit mal les avions de Ryanair avec des pilotes mais sans personnel de cabine. Et donc moi je vois un peu plus loin… Où le personnel de cabine serait importé d’autres pays tels que la Pologne ou ailleurs avec des gens qui seraient détachés en Belgique pour remplacer le personnel qui se trouve actuellement à Charleroi et à Bruxelles."

Une stratégie qui n’est pas encore officielle mais qui, si elle était appliquée, serait proche du dumping social. Ce qui fait, évidemment, bondir les syndicats qui ne décolèrent pas. D'autant que cette annonce intervient en pleine phase 1 de la procédure Renault sur les licenciements collectifs. La CSC parle de violation flagrante des lois belges et européennes et appelle le ministre fédéral de l'emploi et de l'inspection sociale à obliger Ryanair à respecter les législations.

La situation reste donc critique mais, à priori, pas au point de menacer la présence de Ryanair à Charleroi. A l’aéroport on nous affirme en tout cas que ce scénario n’est absolument pas envisagé pour l’instant.

Licenciements chez Ryanair: sujet du JT 13/09/2020

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