Une société montoise crée une machine pour décontaminer les masques FFP2

Les masques sont insérés dans des boîtes personnelles avant de prendre place dans la machine décontaminante
4 images
Les masques sont insérés dans des boîtes personnelles avant de prendre place dans la machine décontaminante - © Sophie Mergen, RTBF

Ce sont les masques qui protègent le personnel médical au contact direct avec les patients touchés par le coronavirus, et les autorités ont éprouvé bien des difficultés à s'en procurer autant que nécessaire: les masques FFP2; ils stoppent 95% des particules de 0,3 micron. Après quelques heures d'utilisation, ils doivent être jetés, parce que potentiellement contaminés.

Du coup, le gouvernement wallon a débloqué plusieurs centaines de milliers d'euros pour aider les entreprises wallonnes à mettre au point une solution de recyclage. Et c'est la solution proposée par l'entreprise montoise AMB Ecosteryl qui a été choisie. 

Cette société a conçu une machine qui permet de décontaminer ces masques (et donc des les réutiliser par la suite). Cette machine, baptisée "M-steryl", permet grâce à une chaleur sèche, de décontaminer 1.400 masques par jour. Il s'agit d'une invention de la société AMB Ecosteryl, une firme qui s'est déjà illustrée au cours de cette crise du coronavirus en proposant notamment une solution pour broyer et décontaminer les déchets médicaux. La Chine s'était d'ailleurs intéressée à cette technologie développée à Mons.

 

"Pour ce qui est du virus, explique le directeur technique d'AMB Ecosteryl, Frédéric de Meulemeester, nous savons déjà via des études faites par l'OMS entre autres, que tout objet qui serait exposé à une température de septante degrés pendant une heure ne contiendra plus de virus. Nous avons un procédé qui tourne aux alentours des cent degrés. Et en plus, pour plus de sécurité, toujours avec l'université de Liège, nous avons effectué sous sa présidence, des test d'élimination du virus".

Cette machine peut facilement être installée dans les hôpitaux, permettant au personnel de décontaminer son matériel à titre individuel. Elle ne nécessite qu'une prise de courant et elle est facile d'utilisation.

En tant qu'entreprise montoise, ABM Ecosteryl a souhaité que la première machine soit destinée à un hôpital ou à une maison de soins de la région. La Ville a choisi le CHU Ambroise Paré de Mons pour installer la première machine ce vendredi 8 mai. Chaque masque peut ainsi être décontaminé trois fois, ce qui permet une plus grande autonomie en termes d'approvisionnement et une diminution des coûts.

"Je n'ai pas de chiffres en tête, mais on en a utilisé des quantités industrielles, détaille Stéphane Olivier, le directeur d'Ambroise Paré. Du jamais vu jusqu'à présent. Ca pose des problèmes économiques, logistiques, environnementaux. Ce n'est bon à aucun niveau, et on sera content de pouvoir en utiliser moins en les stérilisant". Que penser du coût de la machine? Six mille euros... "Une goutte d'eau! reconnaît-il. Un FFP2 coûte aux alentours de 4 euros. On en consomme 1.000 à 2.000 par jour. Donc en quelques jours la machine peut être rentabilisée".

Outre les masque FFP2, la machine "M-steryl" peut aussi décontaminer plus de 2.000 masques chirurgicaux par jour ou encore 150 blouses de protection. La "machine décontaminante" pourrait aussi intéresser les maisons de repos et de soins.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK