Une proposition de décret pour combler le vide juridique des cendres funéraires

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Illustration - © Belga/AFP - Mychèle Daniau

Plusieurs députés wallons, de la majorité et de l'opposition, vont présenter ce mardi matin un décret qui concerne les cendres funéraires. Leur objectif est de combler un vide juridique. Jusqu'ici en effet, après l'incinération, les proches d'un défunt devaient décider immédiatement de la destination finale des cendres. Avec ce décret, ils pourront se décider plus tard: les conserver ou les disperser dans un cimetière ou encore dans un endroit privé.

Pour Veronique Salvi, députée wallonne cdH, "Ce projet de décret veut tout d’abord faciliter la vie des familles au niveau de la compréhension administrative et surtout permettre, quand on choisit de garder les cendres du défunt à domicile, d’avoir aussi la possibilité, après la période de deuil, de pouvoir les disperser en fonction du choix du défunt ou de la famille. Il s’agit de casser l’immédiateté de la décision parce que je trouve que l’administration est très dirigiste par rapport aux familles dans une famille où on n’est pas là pour penser à ce genre de choses. Le texte tel qu’on le modifie permettra à ces familles de faire un choix en conscience après avoir dépassé l’émotionnel du moment du deuil et du décès."

Philippe Knaepen, député wallon MR, est aussi satisfait de cette proposition: "C’est donc offrir une solution digne pour les défunts dont les descendants ne souhaitent plus garder les cendres à domicile. C’est effectivement le chaînon manquant: on avait décidé de garder les cendres et on devait donc les conserver à vie. Et on offre aujourd’hui cette possibilité d’un retour vers un cimetière ou d’une dispersion en terrain privé. Mais cette résolution a aussi pour but de rappeler aux communes qu’elles doivent informer les citoyens de l’importance d’anticiper les modalités d’incinération et de les préciser par dispositions testamentaires quand ils le peuvent."

Graziana Trotta, députée wallonne PS, est, elle aussi, convaincue de la pertinence de cette proposition à notre époque: "Il y a des moments où on n’est pas prêt à directement déposer cette urne dans un cimetière ou un lieu privé. Il y a plein de situations dans lesquelles il est important de se donner le temps de la réflexion et de pouvoir vivre le deuil en toute sérénité. Il est très important pour les communes d’informer les gens parce que peu de gens savent aujourd’hui ce qui est permis. Or, les mentalités changent par rapport aux rites funéraires et donc il est important de faire savoir que telle ou telle solution existe."

Reste maintenant au Parlement wallon d’avaliser ce décret porté par ces trois députés originaires de la région de Charleroi.

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