Une délégation haïtienne très intéressée par le site des barrages de l'Eau d'Heure

La délégation haïtienne s'est fort intéressée à l'infrastructure technique et touristique du site
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La délégation haïtienne s'est fort intéressée à l'infrastructure technique et touristique du site - © rtbf.be - Grégory Fobe

Destination prisée de certains touristes d’un jour ou pour de courts séjours, le site des barrages des lacs de l'Eau d'Heure est aussi une réalisation technique qui intéresse beaucoup de monde. C’est ainsi qu’une délégation haïtienne était en visite sur place ce jeudi en vue de construire une infrastructure semblable sur cette île des Caraïbes.

Le premier arrêt de la visite s’est situé au belvédère juché à 107 mètres de haut. Pour Hervé Pierre Louis, le directeur de la compagnie d’électricité d’Haïti, "C’est une opportunité de voir comment en Belgique vous avez été assez ingénieux d’avoir un barrage d’une capacité de 600 millions de m³. Mais il nous faut être plus proactif."

La compagnie d’électricité d’Haïti veut augmenter la capacité de son barrage de Péligre, situé au centre du pays, en misant sur l’expertise belge. L’objectif étant notamment de moins dépendre des énergies fossiles.

Catastrophe économique et écologique

Philippe Dierickx, responsable de la gestion hydrologique du service public de Wallonie, explique que, à Haïti, "Soit c’est du charbon de bois qui est brûlé pour produire de l’énergie mais qui est pris vraiment dans les montagnes au détriment de l’agriculture et des sols. Ou d’autre part, ils importent du pétrole à des coûts prohibitifs pour le brûler et produire de l’énergie. Ce qui est une catastrophe économique et écologique."

D’où l’importance de miser sur l’énergie hydroélectrique et le barrage de Péligre qui produit actuellement un quart des besoins en énergie d’Haïti. Un barrage où les autorités du pays espèrent également développer des activités touristiques à l’image de ce qui se fait sur le site de l’Eau d’Heure.

On n'a rien pratiquement comme activité touristique

Thibault Mouzelard est inspecteur général au Service Public de Wallonie. Il a notamment dans ses compétences le barrage de la Plate Taille qui intéresse particulièrement la délégation haïtienne. Pour lui, "Nous disposons ici au niveau des lacs de l’Eau d’heure d’une expertise assez intéressante et qui est, je pense, la raison de la venue des Haïtiens."

Noël Firto est ingénieur au sein de la compagnie d’électricité d’Haïti, la compagnie qui gère une centrale hydroélectrique vieillissante. Il explique : "Nous avons notre grand barrage de Péligre construit dans les années 1950. Tout au début, nous avons eu 600 millions de m³ de capacité de stockage et maintenant il n’en reste que 254 millions."

Si cette capacité de stockage qui garantit le bon fonctionnement du barrage a diminué, c’est à cause de l’accumulation de vase dans le réservoir de d'eau. Une accumulation due essentiellement à la déforestation.

Source d'inspiration

Dans ce contexte, Haïti veut s'inspirer du barrage de la Plate-Taille pour améliorer le rendement sa centrale hydroélectrique. Ses dirigeants s'intéressent aussi aux activités de loisirs qui gravitent autour et rêvent de faire la même chose chez eux. Isaak Benoit, qui représente le ministère du tourisme haitien, confirme : "On n’a rien pratiquement comme activité touristique alors que l’espace est là disponible. On peut imaginer la navigation par exemple mais aussi les randonnées. "

Cette visite intervient quelques mois après la venue du président haïtien en Belgique un président qui conscient du potentiel tant énergétique que touristique des infrastructures des lacs de l’eau d’heure avait tenu à se déplacer personnellement sur le site.

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