Un nouveau virus menace les élevages de lapins

Un Fauve de Bourgogne destiné aux concours
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Un Fauve de Bourgogne destiné aux concours - © Jeremy Giltaire

Une menace plane sur les 500 éleveurs de lapins en Wallonie : le RHDV-2. Ce virus provoque une hémorragie interne et cause la mort de l’animal en quelques jours. Au début de la contamination, la maladie est indétectable, mais quand le lapin commence à saigner, il est déjà trop tard. Le virus peut décimer un élevage entier en une semaine. Ces dernières semaines, plusieurs élevages ont été touchés en Flandre et aux Pays-Bas.

Vaccination obligatoire pour les concours  

A ce stade, la Wallonie est relativement épargnée, mais la plupart des éleveurs de lapins ont fait vacciner leurs animaux. Ou bien ils vont le faire (le vaccin est, pour l’instant, en rupture de stock). Il n’existe aucun traitement contre la maladie. La vaccination reste donc la mesure de lutte la plus efficace.  

La Fédération nationale des éleveurs d’animaux de basse-cour recommande fortement à ses membres de faire vacciner leurs lapins. Pour les concours et les expositions, la mesure est même obligatoire. "Nos délégués feront des contrôles stricts des certificats , confirme André Legrand, vice-président de la Fédération. "Il ne peut pas y avoir, dans une exposition de 200 ou 300 lapins, un seul animal qui ne soit pas vacciné. Toutes les précautions sont prises."

Même position à l’Afsca, l’Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire. "Comme la maladie n’est pas transmissible à l’homme et qu’elle ne fait pas partie de la liste des maladies à déclaration obligatoire, nous ne pouvons imposer aucune mesure", explique Godelieve Busschots, porte-parole de l’Afsca. "Cela dit, nous conseillons vivement la vaccination, tant pour les professionnels que pour les particuliers qui possèdent des lapins."

Beaucoup d’éleveurs vaccinent déjà leurs animaux contre le RHDV-1, mais la couverture n’est pas efficace contre le RHDV-2, la toute nouvelle variante de la maladie. Il faut donc un vaccin spécifique.

Pour un élevage, il faut compter environ 1,30 euro par animal, mais la facture peut grimper jusqu’à 13 euros pour un particulier qui voudrait faire vacciner son lapin de compagnie.

"En attendant le vaccin, c’est quarantaine pour tout le monde"

Christian Durieux élève une trentaine de lapins de concours, à Obourg, près de Mons. Il attend le vaccin avec impatience. "Malheureusement, les miens ne sont pas encore vaccinés contre le RHDV-2. J’ai commandé mon vaccin auprès du vétérinaire. Dès qu’il l’a, il vient les vacciner."

En attendant, notre éleveur s’impose des mesures de précaution. "Mes lapins ne sortiront pas, je n’irai pas dans d’autres élevages, aucun éleveur ne viendra chez moi. C’est trop dangereux." Christian se prive également de promenades en forêt. "Le lièvre sauvage est très porteur du virus. Et en forêt, des lièvres, il y en a. On ne peut pas les empêcher de courir. Donc, pour l’instant, c’est quarantaine pour tout le monde."

Un élevage décimé en une semaine

Il faut dire que Christian Durieux garde un mauvais souvenir du RHDV-1, la souche ancienne du virus. "Il y a dix ans, j’ai perdu 200 lapins, tout mon élevage a été réduit à zéro. Je n’avais pas vacciné à temps." A l’époque, les animaux étaient destinés à la boucherie, Christian ne faisait pas d’exposition, mais ça l’a vraiment marqué. "Les 200 lapins sont partis sur une semaine. Le matin, j’avais peur de venir dans mon élevage. C’était 15, 17, 20 morts et je n’ai rien pu faire."

Aujourd’hui, Christian Durieux élève des Fauves de Bourgogne, une race d’origine française, au pelage roux. Il sélectionne les meilleurs animaux, ceux qui ont le plus de chance de gagner des concours. Son étagère est d’ailleurs remplie de trophées. "Ces lapins sont très précieux pour moi. J’en ai besoin pour reproduire pour l’année prochaine et pour les années futures. C’est ce qu’on appelle garder le sang de son élevage. Pas question d’en perdre un. Je perdrais 8 années de travail.  En attendant de pouvoir faire vacciner ses animaux, Christian ne peut plus participer aux expositions et aux concours.

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